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Exercices corrigés : PGCD, Bézout et Gauss — Terminale maths expertes

Besoin de revoir la leçon avant de te lancer ? Cours et fiche de révision : PGCD, Bézout et Gauss

Niveau
Terminale maths expertes
Chapitre
PGCD, Bézout et Gauss
Nombre d'exercices
20 exercices corrigés
Difficulté
Application directe à type bac

Mis à jour le

L'algorithme d'Euclide fait bien plus que calculer un PGCD : en le remontant, il exprime ce PGCD comme combinaison au + bv des deux nombres de départ. De cette identité de Bézout découle tout le reste — le critère de primalité entre deux entiers, le théorème de Gauss, l'inverse d'un nombre modulo n, et la résolution complète des équations ax + by = c en nombres entiers. Ces 20 exercices corrigés couvrent l'ensemble du chapitre en maths expertes : PGCD par les diviseurs, par la décomposition et par l'algorithme d'Euclide, relation entre PGCD et PPCM, nombres premiers entre eux, coefficients de Bézout par remontée, théorème de Gauss et ses applications, équations diophantiennes avec solutions générales puis solutions positives, PGCD dépendant d'un paramètre, systèmes de congruences et chiffrement affine. Chaque correction est rédigée pas à pas, avec la vérification du résultat.

Cherche d'abord par toi-même, puis clique sur « Voir la correction » : chaque étape est détaillée avec rappels de cours et erreurs fréquentes à éviter.

1

Exercice 1 — PGCD par les diviseurs et par la décomposition

Application directe

Le PGCD de deux entiers non nuls est le plus grand de leurs diviseurs communs.

Deux méthodes élémentaires permettent de l'obtenir : lister les diviseurs, ou décomposer en facteurs premiers.

  1. 1.Déterminer les diviseurs positifs communs de 84 et 60, puis leur PGCD.
  2. 2.Retrouver ce PGCD par décomposition en facteurs premiers.
  3. 3.En déduire le PPCM de 84 et 60.
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Correction détaillée

  1. 1

    Diviseurs positifs de 84 : 1, 2, 3, 4, 6, 7, 12, 14, 21, 28, 42, 84.

  2. 2

    Diviseurs positifs de 60 : 1, 2, 3, 4, 5, 6, 10, 12, 15, 20, 30, 60.

  3. 3

    Les diviseurs COMMUNS sont ceux qui figurent dans les deux listes : 1, 2, 3, 4, 6, 12.

  4. 4

    Le plus grand est 12 : donc PGCD (84 ; 60) = 12.

  5. 5

    On remarque au passage que tous les diviseurs communs divisent 12 : c'est une propriété générale du PGCD, et non un hasard sur cet exemple.

  6. 6

    Décomposition en facteurs premiers : 84 = 2² × 3 × 7 et 60 = 2² × 3 × 5.

  7. 7

    Le PGCD se lit en prenant chaque facteur premier commun avec le plus PETIT exposant : 2² × 3¹ = 12 ✔.

  8. 8

    Le facteur 7 n'apparaît que dans 84 et le facteur 5 que dans 60 : ils sont absents du PGCD.

  9. 9

    Pour le PPCM, on prend au contraire chaque facteur premier présent avec le plus GRAND exposant : 2² × 3 × 5 × 7 = 420.

  10. 10

    Contrôle par la relation fondamentale : PGCD × PPCM = 12 × 420 = 5040, et 84 × 60 = 5040 ✔.

Réponse : Diviseurs communs : 1, 2, 3, 4, 6, 12 · PGCD (84 ; 60) = 12 · 84 = 2² × 3 × 7 et 60 = 2² × 3 × 5 · PPCM (84 ; 60) = 420.

Rappel de cours : Par décomposition : PGCD = facteurs communs au plus petit exposant, PPCM = tous les facteurs au plus grand exposant. Et toujours PGCD (a ; b) × PPCM (a ; b) = ab pour a, b > 0.

Erreur fréquente : Prendre le plus grand exposant pour le PGCD. C'est l'inverse : le PGCD doit diviser les DEUX nombres, il prend donc le plus petit exposant.

2

Exercice 2 — Algorithme d'Euclide

Application directe

Lister les diviseurs devient impraticable dès que les nombres grandissent.

L'algorithme d'Euclide repose sur une propriété simple : PGCD (a ; b) = PGCD (b ; r) où r est le reste de a par b.

On divise, on remplace, on recommence — le dernier reste non nul est le PGCD.

  1. 1.Calculer PGCD (1071 ; 462) par l'algorithme d'Euclide.
  2. 2.Calculer PGCD (255 ; 108).
  3. 3.Justifier la propriété PGCD (a ; b) = PGCD (b ; r).
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Correction détaillée

  1. 1

    Première division : 1071 = 2 × 462 + 147.

  2. 2

    On remplace le couple (1071 ; 462) par (462 ; 147) : 462 = 3 × 147 + 21.

  3. 3

    Nouveau couple (147 ; 21) : 147 = 7 × 21 + 0.

  4. 4

    Le reste est nul : le dernier reste NON NUL est 21.

    Donc PGCD (1071 ; 462) = 21.

  5. 5

    Contrôle : 1071 = 21 × 51 et 462 = 21 × 22 ✔, et 51 et 22 n'ont plus de diviseur commun.

  6. 6

    Deuxième calcul : 255 = 2 × 108 + 39 ; 108 = 2 × 39 + 30 ; 39 = 1 × 30 + 9.

  7. 7

    On poursuit : 30 = 3 × 9 + 3 ; 9 = 3 × 3 + 0.

  8. 8

    Le dernier reste non nul est 3 : PGCD (255 ; 108) = 3.

  9. 9

    Contrôle : 255 = 3 × 85 et 108 = 3 × 36 ✔.

  10. 10

    Justification de la propriété.

    Soit a = bq + r.

    Montrons que les diviseurs communs de a et b sont exactement ceux de b et r.

  11. 11

    Si d divise a et b, alors d divise la combinaison a - bq = r : donc d divise b et r.

  12. 12

    Réciproquement, si d divise b et r, alors d divise bq + r = a : donc d divise a et b.

  13. 13

    Les deux couples ont donc les MÊMES diviseurs communs, donc le même plus grand : l'algorithme est légitime.

    Et comme les restes décroissent strictement, il se termine toujours.

Réponse : PGCD (1071 ; 462) = 21 · PGCD (255 ; 108) = 3 · la propriété vient de ce que d | a et d | b équivaut à d | b et d | r, via r = a - bq.

Rappel de cours : Algorithme d'Euclide : on divise, on décale, on recommence. Le PGCD est le DERNIER RESTE NON NUL. La suite des restes est strictement décroissante, donc l'algorithme s'arrête.

Erreur fréquente : Annoncer 0 comme PGCD parce que le dernier reste est nul. C'est le dernier reste NON NUL qu'on retient.

3

Exercice 3 — PGCD, PPCM et leur relation

Application directe

Le PPCM de deux entiers est le plus petit de leurs multiples communs strictement positifs.

Il est lié au PGCD par une relation qui permet de calculer l'un dès qu'on connaît l'autre.

  1. 1.Calculer PGCD (1071 ; 462) puis PPCM (1071 ; 462).
  2. 2.Deux feux clignotent, l'un toutes les 12 secondes, l'autre toutes les 18 secondes. Ils viennent de clignoter ensemble : dans combien de temps le feront-ils à nouveau ?
  3. 3.Deux roues dentées engrenées comptent 18 et 24 dents. Après combien de tours de chacune retrouve-t-on la position initiale ?
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Correction détaillée

  1. 1

    On a vu PGCD (1071 ; 462) = 21 à l'exercice précédent.

  2. 2

    Par la relation PGCD × PPCM = ab, on obtient PPCM = (1071 × 462)/21.

  3. 3

    On simplifie avant de multiplier : 462/21 = 22, donc PPCM = 1071 × 22 = 23 562.

  4. 4

    Contrôle : 23 562 = 1071 × 22 ✔ et 23 562 = 462 × 51 ✔ : c'est bien un multiple commun.

  5. 5

    Deuxième situation : les instants de clignotement du premier feu sont les multiples de 12, ceux du second les multiples de 18.

  6. 6

    Ils coïncident aux multiples COMMUNS, et la première coïncidence est le PPCM.

  7. 7

    PGCD (12 ; 18) = 6, donc PPCM (12 ; 18) = (12 × 18)/6 = 36.

  8. 8

    Les deux feux clignoteront à nouveau ensemble dans 36 secondes.

  9. 9

    Troisième situation : la position initiale est retrouvée quand un même nombre de dents est passé, multiple de 18 et de 24.

  10. 10

    PGCD (18 ; 24) = 6, donc PPCM (18 ; 24) = (18 × 24)/6 = 72.

  11. 11

    Il faut donc que 72 dents défilent.

    La première roue fait 72/18 = 4 tours, la seconde 72/24 = 3 tours.

  12. 12

    Contrôle de cohérence : la roue qui a le moins de dents tourne plus vite, et c'est bien celle de 18 dents qui fait le plus de tours ✔.

Réponse : PGCD (1071 ; 462) = 21 et PPCM = 23 562 · les feux coïncident toutes les 36 secondes · les roues retrouvent leur position après 4 tours de la première et 3 tours de la seconde.

Rappel de cours : PGCD (a ; b) × PPCM (a ; b) = ab. Une question de « coïncidence » ou de « retour à la position de départ » se traduit toujours par un PPCM.

Erreur fréquente : Calculer a × b puis diviser. On simplifie AVANT de multiplier, sinon les nombres explosent inutilement.

4

Exercice 4 — Nombres premiers entre eux et fractions irréductibles

Application directe

Deux entiers sont PREMIERS ENTRE EUX lorsque leur PGCD vaut 1, c'est-à-dire lorsque leur seul diviseur commun positif est 1.

Attention : cela ne signifie pas qu'ils sont premiers.

  1. 1.Les entiers 35 et 24 sont-ils premiers entre eux ? Sont-ils premiers ?
  2. 2.Rendre irréductible la fraction 1071/462.
  3. 3.Démontrer que pour tout entier n, la fraction n/(n+1) est irréductible.
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Correction détaillée

  1. 1

    35 = 5 × 7 et 24 = 2³ × 3.

    Aucun facteur premier commun, donc PGCD (35 ; 24) = 1 : ils sont premiers entre eux.

  2. 2

    En revanche, ni 35 ni 24 n'est un nombre PREMIER : chacun a des diviseurs autres que 1 et lui-même.

  3. 3

    La distinction est essentielle : « premiers entre eux » est une propriété du COUPLE, « premier » est une propriété d'un seul nombre.

  4. 4

    Pour la fraction, on divise numérateur et dénominateur par leur PGCD, qui vaut 21 (exercice 2).

  5. 5

    1071/462 = (1071 ÷ 21)/(462 ÷ 21) = 51/22.

  6. 6

    Vérification de l'irréductibilité : 51 = 3 × 17 et 22 = 2 × 11.

    Aucun facteur commun, donc PGCD (51 ; 22) = 1 ✔ : la fraction est bien irréductible.

  7. 7

    Simplifier par le PGCD garantit d'aboutir en une seule étape : c'est ce qui distingue cette méthode des simplifications successives « au jugé ».

  8. 8

    Troisième question : soit d un diviseur commun de n et n + 1.

  9. 9

    Alors d divise la différence (n + 1) - n = 1.

  10. 10

    Or les seuls diviseurs de 1 sont 1 et -1.

    Donc PGCD (n ; n+1) = 1 : deux entiers consécutifs sont toujours premiers entre eux.

  11. 11

    La fraction n/(n+1) est donc irréductible pour tout entier n, quelle que soit sa taille.

  12. 12

    Ce raisonnement — faire apparaître une petite combinaison linéaire — est le modèle de tous les exercices de PGCD avec paramètre (voir l'exercice 13).

Réponse : 35 et 24 sont premiers entre eux mais ne sont pas premiers · 1071/462 = 51/22, irréductible · d | n et d | n+1 entraînent d | 1, donc n/(n+1) est toujours irréductible.

Rappel de cours : a et b premiers entre eux ⇔ PGCD (a ; b) = 1. Pour prouver qu'un PGCD vaut 1, on montre qu'un diviseur commun divise une combinaison linéaire égale à 1.

Erreur fréquente : Confondre « premiers entre eux » et « premiers ». 35 et 24 sont premiers entre eux sans qu'aucun des deux ne soit premier.

5

Exercice 5 — Coefficients de Bézout par remontée

À maîtriser

L'identité de Bézout affirme qu'il existe toujours des entiers u et v tels que au + bv = PGCD (a ; b).

On les obtient en REMONTANT l'algorithme d'Euclide : on part de l'avant-dernière ligne et on substitue les restes de proche en proche.

  1. 1.Écrire les divisions successives de l'algorithme d'Euclide pour 1071 et 462.
  2. 2.Remonter l'algorithme pour trouver u et v tels que 1071u + 462v = 21.
  3. 3.Vérifier le résultat.
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Correction détaillée

  1. 1

    Les divisions ont été faites à l'exercice 2.

    On les réécrit en isolant à chaque fois le RESTE, ce qui prépare la remontée.

  2. 2

    1071 = 2 × 462 + 147, donc 147 = 1071 - 2 × 462.

  3. 3

    462 = 3 × 147 + 21, donc 21 = 462 - 3 × 147.

  4. 4

    147 = 7 × 21 + 0 : c'est la ligne d'arrêt, elle ne sert pas dans la remontée.

  5. 5

    Remontée.

    On part de la dernière ligne utile, celle qui donne le PGCD : 21 = 462 - 3 × 147.

  6. 6

    On y remplace 147 par son expression : 21 = 462 - 3 × (1071 - 2 × 462).

  7. 7

    On développe SANS calculer les produits par 1071 et 462, qu'on garde comme des blocs : 21 = 462 - 3 × 1071 + 6 × 462.

  8. 8

    On regroupe : 21 = -3 × 1071 + 7 × 462.

  9. 9

    On lit les coefficients : u = -3 et v = 7.

  10. 10

    Vérification : -3 × 1071 = -3213 et 7 × 462 = 3234.

    La somme vaut -3213 + 3234 = 21 ✔.

  11. 11

    Remarque : le couple (u ; v) n'est pas unique.

    En ajoutant 462 à u et en retranchant 1071 à v (divisés par le PGCD), on obtient d'autres solutions — c'est ce que formalisera l'exercice 10.

  12. 12

    Conseil de rédaction : ne jamais effectuer les produits pendant la remontée.

    C'est en gardant 1071 et 462 apparents qu'on lit les coefficients à la fin.

Réponse : 147 = 1071 - 2 × 462 et 21 = 462 - 3 × 147 · en substituant : 21 = -3 × 1071 + 7 × 462, donc u = -3 et v = 7 · vérification : -3213 + 3234 = 21 ✔.

Rappel de cours : Identité de Bézout : il existe u, v entiers tels que au + bv = PGCD (a ; b). On les obtient en remontant l'algorithme d'Euclide, en gardant a et b sous forme de blocs.

Erreur fréquente : Effectuer les multiplications au fil de la remontée. On perd alors de vue les coefficients de a et de b, qui sont précisément le résultat cherché.

6

Exercice 6 — PGCD d'expressions dépendant de n

À maîtriser

Pour un PGCD dépendant d'un entier n, la méthode est toujours la même : trouver une combinaison linéaire des deux expressions qui élimine n.

Tout diviseur commun divise alors cette constante.

  1. 1.Démontrer que 2n + 1 et 3n + 2 sont premiers entre eux pour tout entier n.
  2. 2.Déterminer les valeurs possibles de PGCD (n ; n+2).
  3. 3.En déduire que la fraction (2n+1)/(3n+2) est toujours irréductible.
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Correction détaillée

  1. 1

    Soit d un diviseur commun de 2n + 1 et 3n + 2.

    Cherchons une combinaison qui fasse disparaître n.

  2. 2

    On multiplie la première expression par 3 et la seconde par 2 : 3(2n+1) = 6n + 3 et 2(3n+2) = 6n + 4.

  3. 3

    d divise ces deux quantités, donc leur différence : 3(2n+1) - 2(3n+2) = (6n + 3) - (6n + 4) = -1.

  4. 4

    Donc d divise -1, c'est-à-dire d = 1 (en se limitant aux diviseurs positifs).

  5. 5

    Le PGCD vaut donc 1 : les deux expressions sont premières entre elles pour TOUT entier n.

  6. 6

    Contrôle sur un exemple : n = 5 donne 11 et 17, effectivement premiers entre eux ✔.

  7. 7

    Deuxième question : soit d un diviseur commun de n et n + 2.

    Alors d divise (n + 2) - n = 2.

  8. 8

    Les diviseurs positifs de 2 sont 1 et 2 : le PGCD vaut donc 1 ou 2.

  9. 9

    Il vaut 2 exactement quand 2 divise n et n + 2, c'est-à-dire quand n est PAIR.

  10. 10

    Il vaut 1 quand n est impair.

    Contrôle : n = 4 donne PGCD (4 ; 6) = 2 ✔ ; n = 5 donne PGCD (5 ; 7) = 1 ✔.

  11. 11

    Troisième question : la fraction (2n+1)/(3n+2) a un numérateur et un dénominateur premiers entre eux d'après la question 1.

  12. 12

    Elle est donc irréductible pour tout entier n, sans aucune exception à discuter.

  13. 13

    Précision : il faut tout de même 3n + 2 ≠ 0, ce qui est automatique pour n entier puisque -2/3 n'est pas entier.

Réponse : 3(2n+1) - 2(3n+2) = -1, donc PGCD (2n+1 ; 3n+2) = 1 pour tout n · PGCD (n ; n+2) vaut 2 si n est pair, 1 sinon · la fraction (2n+1)/(3n+2) est toujours irréductible.

Rappel de cours : Méthode : « d divise A et B, donc d divise α A + β B ». On choisit α et β pour éliminer n ; le PGCD divise alors la constante obtenue.

Erreur fréquente : Conclure que le PGCD VAUT la constante trouvée. Il la DIVISE seulement : dans la question 2, il vaut 1 ou 2 selon la parité de n.

7

Exercice 7 — Théorème de Bézout

À maîtriser

Le théorème de Bézout est une équivalence : a et b sont premiers entre eux SI ET SEULEMENT S'IL existe des entiers u et v tels que au + bv = 1.

Le sens direct vient de l'identité de Bézout ; le sens réciproque est celui qu'on utilise pour démontrer.

  1. 1.Déterminer u et v tels que 7u + 12v = 1.
  2. 2.Démontrer le sens réciproque : si au + bv = 1 pour certains entiers u et v, alors PGCD (a ; b) = 1.
  3. 3.En déduire que 2n+1 et 3n+2 sont premiers entre eux (exercice 6), en une ligne.
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Correction détaillée

  1. 1

    On peut procéder par l'algorithme d'Euclide, mais les nombres sont assez petits pour un essai direct.

  2. 2

    On cherche un multiple de 12 qui dépasse d'exactement 1 un multiple de 7 : 12 × 3 = 36 et 7 × 5 = 35.

  3. 3

    D'où 36 - 35 = 1, c'est-à-dire 7 × (-5) + 12 × 3 = 1.

  4. 4

    Les coefficients u = -5 et v = 3 conviennent.

    Vérification : -35 + 36 = 1 ✔.

  5. 5

    Démonstration du sens réciproque.

    Supposons qu'il existe u et v entiers tels que au + bv = 1.

  6. 6

    Soit d un diviseur commun positif de a et b.

    Alors d divise toute combinaison linéaire entière de a et b, en particulier au + bv.

  7. 7

    Donc d divise 1, ce qui impose d = 1.

  8. 8

    Le seul diviseur commun positif de a et b est donc 1 : ils sont premiers entre eux.

  9. 9

    Attention à la portée du théorème : l'existence d'une combinaison égale à 1 est une condition SUFFISANTE, et c'est ce qui la rend si commode.

    Si la combinaison vaut 5, on ne peut rien conclure directement.

  10. 10

    Application immédiate : on a établi à l'exercice 6 que 3(2n+1) - 2(3n+2) = -1.

  11. 11

    En changeant les signes : (-3)(2n+1) + 2(3n+2) = 1.

  12. 12

    C'est une combinaison linéaire à coefficients entiers égale à 1 : par le théorème de Bézout, 2n+1 et 3n+2 sont premiers entre eux ✔.

  13. 13

    On voit ici l'intérêt du théorème : il transforme un raisonnement sur les diviseurs en une simple exhibition de deux coefficients.

Réponse : 7 × (-5) + 12 × 3 = 1 · si au + bv = 1, tout diviseur commun divise 1, donc le PGCD vaut 1 · (-3)(2n+1) + 2(3n+2) = 1 prouve directement que ces deux nombres sont premiers entre eux.

Rappel de cours : Théorème de Bézout : PGCD (a ; b) = 1 ⇔ ∃ u, v ∈ ℤ, au + bv = 1. Une seule combinaison égale à 1 suffit à conclure.

Erreur fréquente : Conclure d'une combinaison au + bv = 5 que le PGCD vaut 5. Il divise 5 seulement : il pourrait valoir 1.

8

Exercice 8 — Inverse modulaire

À maîtriser

Modulo n, un entier a admet un INVERSE — un entier a' tel que aa' ≡ 1 [n] — si et seulement si a et n sont premiers entre eux.

Bézout en fournit la preuve et le calcul.

  1. 1.Justifier que 7 admet un inverse modulo 12, et le déterminer à l'aide de l'exercice 7.
  2. 2.Déterminer l'inverse de 5 modulo 26.
  3. 3.Démontrer que si a et n ne sont pas premiers entre eux, a n'a pas d'inverse modulo n.
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Correction détaillée

  1. 1

    PGCD (7 ; 12) = 1, donc 7 est inversible modulo 12.

  2. 2

    L'exercice 7 a donné 7 × (-5) + 12 × 3 = 1.

    On réduit cette égalité modulo 12 : le terme 12 × 3 disparaît.

  3. 3

    Il reste 7 × (-5) ≡ 1 [12].

    L'inverse est donc -5, qu'on préfère écrire entre 0 et 11 : -5 ≡ 7 [12].

  4. 4

    L'inverse de 7 modulo 12 est donc 7 lui-même.

    Vérification : 7 × 7 = 49 = 48 + 1 ≡ 1 [12] ✔.

  5. 5

    Deuxième question : PGCD (5 ; 26) = 1, l'inverse existe.

    On cherche une combinaison 5u + 26v = 1.

  6. 6

    Par essais guidés : 5 × 21 = 105 et 26 × 4 = 104, donc 5 × 21 - 26 × 4 = 1.

  7. 7

    En réduisant modulo 26 : 5 × 21 ≡ 1 [26].

    L'inverse de 5 modulo 26 est 21.

  8. 8

    Vérification : 105 = 26 × 4 + 1 ✔.

    C'est le nombre qui servait déjà au déchiffrement affine du chapitre précédent — on sait maintenant d'où il vient.

  9. 9

    Troisième question.

    Supposons que a ait un inverse a' modulo n : aa' ≡ 1 [n].

  10. 10

    Cela signifie que n divise aa' - 1, donc qu'il existe un entier k tel que aa' - 1 = kn.

  11. 11

    En réorganisant : aa' - kn = 1, c'est-à-dire a × a' + n × (-k) = 1.

  12. 12

    Par le théorème de Bézout, a et n sont donc premiers entre eux.

  13. 13

    Par contraposée : si a et n ne sont pas premiers entre eux, a n'a pas d'inverse modulo n.

  14. 14

    Illustration : modulo 26, le nombre 13 n'a pas d'inverse (leur PGCD vaut 13) — c'est exactement pourquoi 13 était inutilisable comme coefficient de chiffrement.

Réponse : Inverse de 7 modulo 12 : 7 (car 49 = 48 + 1) · inverse de 5 modulo 26 : 21 (car 105 = 104 + 1) · a inversible modulo n ⇔ PGCD (a ; n) = 1.

Rappel de cours : Pour inverser a modulo n : écrire au + nv = 1 par Bézout, puis réduire modulo n — il reste au ≡ 1, donc u est l'inverse.

Erreur fréquente : Chercher un inverse sans vérifier le PGCD. Modulo 26, les nombres pairs et 13 n'en ont aucun : le calcul ne peut pas aboutir.

9

Exercice 9 — Théorème de Gauss

À maîtriser

Le théorème de Gauss énonce : si a divise bc et si a et b sont premiers entre eux, alors a divise c.

L'hypothèse de primalité entre a et b est indispensable.

  1. 1.Démontrer le théorème de Gauss à l'aide de l'identité de Bézout.
  2. 2.Montrer par un contre-exemple que l'hypothèse « a et b premiers entre eux » ne peut pas être supprimée.
  3. 3.Application : déterminer les entiers c tels que 7 | 5c.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Hypothèses : a | bc et PGCD (a ; b) = 1.

    On veut montrer que a | c.

  2. 2

    Par le théorème de Bézout, il existe des entiers u et v tels que au + bv = 1.

  3. 3

    On multiplie cette égalité par c : auc + bvc = c.

  4. 4

    Examinons les deux termes du membre de gauche.

    Le premier, auc, est manifestement divisible par a.

  5. 5

    Le second, bvc = (bc)v, est divisible par a puisque a | bc par hypothèse.

  6. 6

    a divise donc la somme de ces deux termes, c'est-à-dire c.

    Le théorème est démontré.

  7. 7

    Contre-exemple : prenons a = 6, b = 4 et c = 3.

    Alors bc = 12, et 6 | 12 ✔.

  8. 8

    Pourtant 6 ne divise pas 3.

    L'implication est donc fausse ici.

  9. 9

    Ce qui manque : PGCD (6 ; 4) = 2 ≠ 1.

    L'hypothèse de Gauss n'est pas vérifiée, et la conclusion tombe.

  10. 10

    Application : on cherche les c tels que 7 | 5c.

  11. 11

    Or PGCD (7 ; 5) = 1 : les deux nombres sont premiers entre eux.

  12. 12

    Par le théorème de Gauss (avec a = 7, b = 5), on en déduit 7 | c.

  13. 13

    Réciproquement, si 7 | c alors 7 | 5c.

    Les entiers cherchés sont donc exactement les MULTIPLES DE 7.

  14. 14

    Contrôle : c = 14 donne 5c = 70 = 7 × 10 ✔ ; c = 3 donne 5c = 15, non divisible par 7 ✔.

Réponse : Démonstration : multiplier au + bv = 1 par c, les deux termes obtenus sont divisibles par a · contre-exemple : 6 | 4 × 3 mais 6 nmid 3, car PGCD (6 ; 4) = 2 · 7 | 5c ⇔ 7 | c.

Rappel de cours : Théorème de Gauss : a | bc et PGCD (a ; b) = 1 ⇒ a | c. Corollaire utile : si b et c premiers entre eux divisent tous deux n, alors bc | n.

Erreur fréquente : Appliquer Gauss sans vérifier la primalité. C'est précisément l'hypothèse qui fait tout le travail, comme le montre le contre-exemple.

10

Exercice 10 — Équation diophantienne : le cas général

Type contrôle

Une équation diophantienne ax + by = c se résout en trois temps : condition d'existence, solution particulière, puis solution générale obtenue par le théorème de Gauss.

On résout (E) : 2x + 3y = 5, puis 12x + 18y = 30.

  1. 1.Justifier que (E) admet des solutions, et en trouver une évidente.
  2. 2.Résoudre (E) dans ℤ².
  3. 3.Résoudre 12x + 18y = 30.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    PGCD (2 ; 3) = 1, et 1 divise 5 : l'équation admet donc des solutions entières.

  2. 2

    Solution particulière évidente : x₀ = 1 et y₀ = 1, puisque 2 + 3 = 5 ✔.

  3. 3

    Passons au cas général.

    Soit (x ; y) une solution quelconque.

    On écrit les deux égalités : 2x + 3y = 5 et 2 × 1 + 3 × 1 = 5.

  4. 4

    En soustrayant : 2(x - 1) + 3(y - 1) = 0, c'est-à-dire 2(x - 1) = -3(y - 1).

  5. 5

    Donc 3 divise 2(x - 1).

    Or PGCD (3 ; 2) = 1, donc par le THÉORÈME DE GAUSS, 3 divise x - 1.

  6. 6

    Il existe donc un entier k tel que x - 1 = 3k, soit x = 1 + 3k.

  7. 7

    En reportant : 2 × 3k = -3(y - 1), donc 6k = -3(y-1) et y - 1 = -2k, soit y = 1 - 2k.

  8. 8

    Réciproquement, pour tout entier k : 2(1 + 3k) + 3(1 - 2k) = 2 + 6k + 3 - 6k = 5 ✔.

  9. 9

    L'ensemble des solutions est donc {(1 + 3k ; 1 - 2k), k ∈ ℤ}.

  10. 10

    Deuxième équation : PGCD (12 ; 18) = 6, et 6 divise 30 : il y a des solutions.

  11. 11

    On DIVISE toute l'équation par 6 : 2x + 3y = 5.

    C'est exactement (E).

  12. 12

    Les solutions sont donc les mêmes : x = 1 + 3k et y = 1 - 2k, pour k ∈ ℤ.

  13. 13

    Contrôle : k = 2 donne (7 ; -3), et 12 × 7 + 18 × (-3) = 84 - 54 = 30 ✔.

  14. 14

    Cette simplification préalable est systématique : elle ramène toujours au cas où les coefficients sont premiers entre eux, seul cas où Gauss s'applique.

Réponse : (E) a des solutions car PGCD (2 ; 3) = 1 divise 5 · solution particulière (1 ; 1) · solutions : x = 1 + 3k, y = 1 - 2k, k ∈ ℤ · 12x + 18y = 30 se ramène à (E) après division par 6, mêmes solutions.

Rappel de cours : ax + by = c a des solutions ⇔ PGCD (a ; b) | c. Méthode : simplifier par le PGCD, trouver une solution particulière, soustraire les deux égalités, appliquer Gauss.

Erreur fréquente : Oublier la réciproque. La méthode donne les solutions POSSIBLES ; il faut vérifier que toutes conviennent, ce qui se fait en une ligne de calcul.

11

Exercice 11 — Équation diophantienne avec coefficients de signes opposés

Type contrôle

On résout (E) : 7x - 12y = 5 dans ℤ².

Le signe négatif ne change rien à la méthode, mais il modifie l'allure des solutions.

  1. 1.Justifier l'existence de solutions et en déterminer une particulière.
  2. 2.Résoudre (E) dans ℤ².
  3. 3.Déterminer les solutions telles que 0 ≤ x ≤ 50.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    PGCD (7 ; 12) = 1 (exercice 7), et 1 divise 5 : il y a des solutions.

  2. 2

    Pour une solution particulière, on part de l'identité de Bézout trouvée à l'exercice 7 : 7 × (-5) + 12 × 3 = 1.

  3. 3

    On la réécrit sous la forme de (E) : 7 × (-5) - 12 × (-3) = 1.

  4. 4

    En multipliant par 5 : 7 × (-25) - 12 × (-15) = 5.

    Le couple (-25 ; -15) est donc solution.

  5. 5

    On peut chercher plus simple par essais : x = -1 donne -7 - 12y = 5, soit -12y = 12 et y = -1.

  6. 6

    Le couple (-1 ; -1) convient : 7 × (-1) - 12 × (-1) = -7 + 12 = 5 ✔.

    On le préfère, les nombres étant plus petits.

  7. 7

    Cas général : soit (x ; y) solution.

    En soustrayant l'égalité particulière : 7(x + 1) - 12(y + 1) = 0, soit 7(x + 1) = 12(y + 1).

  8. 8

    Donc 12 divise 7(x + 1).

    Comme PGCD (12 ; 7) = 1, le théorème de Gauss donne 12 | x + 1.

  9. 9

    Il existe donc k entier tel que x + 1 = 12k, soit x = -1 + 12k.

  10. 10

    En reportant : 7 × 12k = 12(y + 1), donc y + 1 = 7k et y = -1 + 7k.

  11. 11

    Réciproque : 7(-1 + 12k) - 12(-1 + 7k) = -7 + 84k + 12 - 84k = 5 ✔ pour tout k.

  12. 12

    Les solutions sont donc {(-1 + 12k ; -1 + 7k), k ∈ ℤ}.

  13. 13

    Dernière question : on impose 0 ≤ -1 + 12k ≤ 50, soit 1 ≤ 12k ≤ 51, c'est-à-dire 1/12 ≤ k ≤ 51/12 = 4,25.

  14. 14

    Les entiers k convenables sont 1, 2, 3, 4, qui donnent les couples (11 ; 6), (23 ; 13), (35 ; 20) et (47 ; 27).

  15. 15

    Contrôle sur le premier : 7 × 11 - 12 × 6 = 77 - 72 = 5 ✔.

Réponse : Solution particulière : (-1 ; -1) · solutions générales : x = -1 + 12k, y = -1 + 7k, k ∈ ℤ · pour 0 ≤ x ≤ 50 : (11 ; 6), (23 ; 13), (35 ; 20), (47 ; 27).

Rappel de cours : Dans ax + by = c avec a et b premiers entre eux, le pas des solutions est toujours b pour x et a pour y (au signe près) : c'est la structure imposée par Gauss.

Erreur fréquente : Chercher une solution particulière uniquement par Bézout. Un essai direct sur de petits nombres est souvent plus rapide, et donne des coefficients plus maniables.

12

Exercice 12 — Un problème concret

Type contrôle

Un libraire vend deux formats de carnets : les petits à 7 € et les grands à 12 €.

Une matinée, sa recette sur ces carnets s'élève à 100 €.

On cherche combien il a vendu de carnets de chaque sorte.

  1. 1.Mettre le problème en équation, en précisant les contraintes sur les inconnues.
  2. 2.Résoudre l'équation dans ℤ².
  3. 3.Déterminer toutes les solutions possibles pour le libraire.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Notons x le nombre de petits carnets et y le nombre de grands carnets vendus.

  2. 2

    La recette s'écrit 7x + 12y = 100.

    Les contraintes sont x ≥ 0 et y ≥ 0, avec x et y ENTIERS — on ne vend pas un demi-carnet.

  3. 3

    C'est ce qui fait de ce problème une équation diophantienne, et non une simple équation à deux inconnues.

  4. 4

    Existence : PGCD (7 ; 12) = 1 divise 100, il y a des solutions entières.

  5. 5

    Solution particulière : à partir de 7 × (-5) + 12 × 3 = 1, on multiplie par 100 : 7 × (-500) + 12 × 300 = 100.

  6. 6

    Le couple (-500 ; 300) est solution — mathématiquement correct, mais évidemment sans signification commerciale.

  7. 7

    Cas général : en soustrayant, 7(x + 500) + 12(y - 300) = 0, soit 7(x + 500) = -12(y - 300).

  8. 8

    12 divise 7(x + 500) et PGCD (12 ; 7) = 1, donc par Gauss 12 | x + 500 : x = -500 + 12k.

  9. 9

    En reportant : y = 300 - 7k.

    Les solutions entières sont donc {(-500 + 12k ; 300 - 7k), k ∈ ℤ}.

  10. 10

    Contraintes de positivité.

    x ≥ 0 donne 12k ≥ 500, soit k ≥ 41,67, donc k ≥ 42.

  11. 11

    y ≥ 0 donne 7k ≤ 300, soit k ≤ 42,86, donc k ≤ 42.

  12. 12

    Les deux contraintes imposent k = 42, et une seule possibilité.

  13. 13

    Pour k = 42 : x = -500 + 504 = 4 et y = 300 - 294 = 6.

  14. 14

    Le libraire a donc vendu 4 petits carnets et 6 grands.

    Vérification : 7 × 4 + 12 × 6 = 28 + 72 = 100 ✔.

  15. 15

    La solution est UNIQUE, ce qui n'a rien d'automatique : avec une recette de 200 €, il y aurait plusieurs répartitions possibles.

Réponse : 7x + 12y = 100 avec x, y entiers positifs · solutions entières : x = -500 + 12k, y = 300 - 7k · seule k = 42 respecte les contraintes : 4 petits carnets et 6 grands.

Rappel de cours : Dans un problème concret, la résolution comporte deux étages : d'abord toutes les solutions ENTIÈRES, puis le filtrage par les contraintes de positivité, qui donne un intervalle d'entiers pour k.

Erreur fréquente : Rejeter la solution particulière parce qu'elle est négative. Elle sert d'ancrage au calcul général : les contraintes ne s'appliquent qu'à la fin.

13

Exercice 13 — PGCD avec paramètre : discussion complète

Type contrôle

On étudie dₙ = PGCD (n + 2 ; 3n + 1) selon les valeurs de l'entier naturel n.

  1. 1.Démontrer que dₙ divise 5.
  2. 2.Déterminer les valeurs de n pour lesquelles dₙ = 5.
  3. 3.Conclure par une discussion complète, et vérifier sur deux exemples.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Soit d un diviseur commun de n + 2 et 3n + 1.

    On cherche une combinaison éliminant n.

  2. 2

    On multiplie la première expression par 3 : 3(n + 2) = 3n + 6.

  3. 3

    d divise 3n + 6 et 3n + 1, donc leur différence : (3n + 6) - (3n + 1) = 5.

  4. 4

    Donc d | 5.

    Comme 5 est premier, ses diviseurs positifs sont 1 et 5 : dₙ vaut donc 1 ou 5.

  5. 5

    Deuxième question : dₙ = 5 exige que 5 divise n + 2, c'est-à-dire n + 2 ≡ 0 [5], soit n ≡ -2 ≡ 3 [5].

  6. 6

    Vérifions que cette condition est aussi SUFFISANTE : si n ≡ 3 [5], alors 3n + 1 ≡ 9 + 1 = 10 ≡ 0 [5].

  7. 7

    Dans ce cas, 5 divise les deux expressions, donc dₙ = 5 (puisque dₙ ne peut valoir que 1 ou 5).

  8. 8

    Discussion complète : dₙ = 5 si n ≡ 3 [5], et dₙ = 1 sinon.

  9. 9

    Premier contrôle, n = 3 : les expressions valent 5 et 10, de PGCD 5 ✔, et 3 ≡ 3 [5] ✔.

  10. 10

    Second contrôle, n = 4 : les expressions valent 6 et 13, de PGCD 1 ✔, et 4 not≡ 3 [5] ✔.

  11. 11

    Troisième contrôle, n = 8 : les expressions valent 10 et 25, de PGCD 5 ✔, et 8 = 5 + 3 ≡ 3 [5] ✔.

  12. 12

    Conséquence utile : la fraction (n+2)/(3n+1) est irréductible sauf quand n ≡ 3 [5], auquel cas elle se simplifie par 5.

Réponse : 3(n+2) - (3n+1) = 5, donc dₙ | 5 et dₙ ∈ {1 ; 5} · dₙ = 5 ⇔ n ≡ 3 [5] · dₙ = 1 dans tous les autres cas.

Rappel de cours : Discussion type : (1) montrer que le PGCD divise une constante c ; (2) pour chaque diviseur de c, chercher la condition de congruence sur n ; (3) vérifier qu'elle est suffisante.

Erreur fréquente : S'arrêter à « dₙ divise 5 ». Il reste à déterminer QUAND chaque valeur est atteinte : c'est la partie où la congruence intervient.

14

Exercice 14 — Système de congruences par Bézout

Type contrôle

Le chapitre précédent résolvait les systèmes de congruences par balayage.

Avec un inverse modulaire, la résolution devient directe.

On cherche les entiers x tels que x ≡ 3 [7] et x ≡ 5 [11].

  1. 1.Traduire la première condition, puis reporter dans la seconde.
  2. 2.Résoudre la congruence obtenue à l'aide d'un inverse modulaire.
  3. 3.Conclure et vérifier.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    La condition x ≡ 3 [7] signifie qu'il existe un entier k tel que x = 3 + 7k.

  2. 2

    On reporte dans la seconde condition : 3 + 7k ≡ 5 [11], soit 7k ≡ 2 [11].

  3. 3

    On est ramené à une congruence linéaire en k : c'est exactement le type d'équation que l'inverse modulaire résout d'un coup.

  4. 4

    PGCD (7 ; 11) = 1, donc 7 est inversible modulo 11.

    Cherchons son inverse.

  5. 5

    On teste les multiples de 7 : 7 × 8 = 56 = 55 + 1, donc 7 × 8 ≡ 1 [11].

    L'inverse de 7 modulo 11 est 8.

  6. 6

    On multiplie la congruence par 8 : 8 × 7k ≡ 8 × 2 [11], soit 56k ≡ 16 [11].

  7. 7

    Comme 56 ≡ 1 et 16 ≡ 5 [11], il vient k ≡ 5 [11].

  8. 8

    Il existe donc un entier m tel que k = 5 + 11m.

  9. 9

    En reportant dans x = 3 + 7k : x = 3 + 7(5 + 11m) = 3 + 35 + 77m = 38 + 77m.

  10. 10

    L'ensemble des solutions est donc x ≡ 38 [77], avec 77 = 7 × 11.

  11. 11

    Vérification : 38 = 7 × 5 + 3, donc 38 ≡ 3 [7] ✔ ; et 38 = 11 × 3 + 5, donc 38 ≡ 5 [11] ✔.

  12. 12

    Comparaison avec le chapitre précédent : le balayage aurait exigé de tester jusqu'à 77 valeurs.

    L'inverse modulaire donne le résultat en trois lignes, et la méthode reste praticable avec des modules à plusieurs chiffres.

Réponse : x = 3 + 7k puis 7k ≡ 2 [11] · l'inverse de 7 modulo 11 est 8, d'où k ≡ 5 [11] · x = 38 + 77m, soit x ≡ 38 [77].

Rappel de cours : Méthode générale : exprimer x à partir de la première congruence, reporter dans la seconde, résoudre en multipliant par l'inverse modulaire, puis revenir à x. Le module final est le produit des deux modules (premiers entre eux).

Erreur fréquente : Multiplier par un « inverse » sans vérifier qu'il en est un. Un contrôle d'une ligne (7 × 8 = 56 ≡ 1) évite de propager une erreur dans tout le calcul.

15

Exercice 15 — Fractions irréductibles et simplification

Type contrôle

Une fraction a/b est irréductible lorsque a et b sont premiers entre eux.

Décider si une fraction dépendant de n est irréductible revient donc à un calcul de PGCD avec paramètre.

  1. 1.La fraction (n+1)/(2n+3) est-elle irréductible pour tout entier naturel n ?
  2. 2.Même question pour (3n+4)/(n+1).
  3. 3.Pour quelles valeurs de n la fraction (2n+3)/(5n+2) est-elle réductible ?
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Soit d un diviseur commun de n + 1 et 2n + 3.

    On multiplie la première expression par 2 : 2(n+1) = 2n + 2.

  2. 2

    d divise 2n + 3 et 2n + 2, donc leur différence : (2n + 3) - (2n + 2) = 1.

  3. 3

    Donc d | 1, c'est-à-dire d = 1 : la fraction (n+1)/(2n+3) est irréductible pour tout n.

  4. 4

    Deuxième fraction : soit d un diviseur commun de 3n + 4 et n + 1.

    On multiplie la seconde par 3 : 3(n+1) = 3n + 3.

  5. 5

    d divise (3n + 4) - (3n + 3) = 1, donc d = 1 : cette fraction est également toujours irréductible.

  6. 6

    Contrôle : n = 5 donne 19/6, irréductible ✔ ; n = 10 donne 34/11, irréductible ✔.

  7. 7

    Troisième fraction : soit d un diviseur commun de 2n + 3 et 5n + 2.

  8. 8

    On élimine n : 5(2n + 3) = 10n + 15 et 2(5n + 2) = 10n + 4.

  9. 9

    d divise la différence : (10n + 15) - (10n + 4) = 11.

    Donc d | 11, et comme 11 est premier, d vaut 1 ou 11.

  10. 10

    La fraction est réductible exactement quand d = 11, c'est-à-dire quand 11 divise 2n + 3.

  11. 11

    On résout 2n + 3 ≡ 0 [11], soit 2n ≡ -3 ≡ 8 [11].

  12. 12

    L'inverse de 2 modulo 11 est 6 (car 12 ≡ 1).

    En multipliant : n ≡ 6 × 8 = 48 ≡ 4 [11].

  13. 13

    La fraction est donc réductible si et seulement si n ≡ 4 [11].

  14. 14

    Contrôle : n = 4 donne 11/22 = 1/2, effectivement réductible ✔.

    Et n = 15 donne 33/77 = 3/7, réductible par 11 ✔.

  15. 15

    Contre-contrôle : n = 5 donne 13/27, irréductible ✔, et 5 not≡ 4 [11] ✔.

Réponse : (n+1)/(2n+3) et (3n+4)/(n+1) sont irréductibles pour tout n (la combinaison vaut 1) · (2n+3)/(5n+2) est réductible si et seulement si n ≡ 4 [11], et se simplifie alors par 11.

Rappel de cours : Combinaison égale à 1 : irréductible pour tout n. Combinaison égale à un nombre premier p : réductible exactement pour une classe de congruence modulo p, à déterminer.

Erreur fréquente : Conclure « réductible » dès que la combinaison n'est pas 1. Il faut encore trouver POUR QUELS n le diviseur est effectivement atteint.

16

Exercice 16 — Multiples communs et cycles

Type contrôle

Trois phares émettent un éclat respectivement toutes les 15, 18 et 24 secondes.

Ils viennent d'émettre simultanément à l'instant t = 0.

  1. 1.Dans combien de temps les deux premiers phares seront-ils à nouveau synchrones ?
  2. 2.Dans combien de temps les trois le seront-ils ?
  3. 3.Combien de fois les trois phares seront-ils synchrones au cours d'une heure (instant initial exclu) ?
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Les instants d'éclat sont les multiples de 15 pour le premier phare et de 18 pour le deuxième.

  2. 2

    Ils coïncident aux multiples communs : la première coïncidence après t = 0 est le PPCM.

  3. 3

    15 = 3 × 5 et 18 = 2 × 3², donc PGCD (15 ; 18) = 3.

  4. 4

    PPCM (15 ; 18) = (15 × 18)/3 = 90 : les deux premiers phares sont synchrones toutes les 90 secondes.

  5. 5

    Pour les trois phares, on cherche le PPCM des trois nombres.

    On passe par la décomposition, plus sûre qu'un calcul en cascade.

  6. 6

    15 = 3 × 5, 18 = 2 × 3², 24 = 2³ × 3.

  7. 7

    Le PPCM prend chaque facteur premier au plus grand exposant : 2³ × 3² × 5 = 8 × 9 × 5 = 360.

  8. 8

    Les trois phares seront donc synchrones toutes les 360 secondes, soit toutes les 6 minutes.

  9. 9

    Contrôle : 360 = 15 × 24 ✔, 360 = 18 × 20 ✔, 360 = 24 × 15 ✔ : c'est bien un multiple commun.

  10. 10

    Contrôle de minimalité : 180 est multiple de 15 et de 18, mais 180 = 24 × 7,5 n'est pas multiple de 24 ✔.

  11. 11

    Troisième question : une heure vaut 3600 secondes.

  12. 12

    Les instants de synchronisation sont les multiples de 360 : 360, 720, …, 3600.

  13. 13

    Leur nombre est 3600/360 = 10.

  14. 14

    Les trois phares seront donc synchrones 10 fois au cours de l'heure, la dernière fois exactement à t = 3600 s.

Réponse : Les deux premiers phares : toutes les 90 secondes · les trois : toutes les 360 secondes, soit 6 minutes · au cours d'une heure : 10 fois.

Rappel de cours : PPCM de plusieurs nombres : décomposer en facteurs premiers et prendre chaque facteur au plus GRAND exposant. La relation PGCD × PPCM = ab ne vaut que pour DEUX nombres.

Erreur fréquente : Appliquer PGCD × PPCM = abc à trois nombres. C'est faux : ici PGCD (15 ; 18 ; 24) = 3 et 3 × 360 = 1080 ≠ 15 × 18 × 24.

17

Exercice 17 — Solutions positives d'une équation diophantienne

Type bac / défi

On cherche tous les couples d'entiers NATURELS (x ; y) vérifiant 23x + 17y = 1000.

La résolution générale ne suffit pas : il faut ensuite encadrer le paramètre.

  1. 1.Déterminer, par l'algorithme d'Euclide, des entiers u et v tels que 23u + 17v = 1.
  2. 2.En déduire une solution particulière puis la solution générale de l'équation.
  3. 3.Déterminer toutes les solutions en entiers naturels.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Algorithme d'Euclide : 23 = 1 × 17 + 6 ; 17 = 2 × 6 + 5 ; 6 = 1 × 5 + 1 ; 5 = 5 × 1 + 0.

  2. 2

    Le dernier reste non nul est 1 : PGCD (23 ; 17) = 1, et comme 1 divise 1000, l'équation a des solutions.

  3. 3

    Remontée.

    On part de 1 = 6 - 5.

  4. 4

    On remplace 5 par 17 - 2 × 6 : 1 = 6 - (17 - 2 × 6) = 3 × 6 - 17.

  5. 5

    On remplace 6 par 23 - 17 : 1 = 3(23 - 17) - 17 = 3 × 23 - 4 × 17.

  6. 6

    Donc u = 3 et v = -4.

    Vérification : 69 - 68 = 1 ✔.

  7. 7

    Solution particulière de l'équation : on multiplie par 1000, ce qui donne 23 × 3000 + 17 × (-4000) = 1000.

  8. 8

    Le couple (3000 ; -4000) est solution — inutilisable tel quel, mais parfait comme point de départ.

  9. 9

    Cas général : en soustrayant, 23(x - 3000) + 17(y + 4000) = 0, soit 23(x - 3000) = -17(y + 4000).

  10. 10

    17 divise 23(x - 3000) et PGCD (17 ; 23) = 1, donc par Gauss 17 | x - 3000 : x = 3000 - 17k (on choisit ce signe pour la suite).

  11. 11

    En reportant : 23 × (-17k) = -17(y + 4000), donc y + 4000 = 23k et y = -4000 + 23k.

  12. 12

    Les solutions entières sont donc {(3000 - 17k ; -4000 + 23k), k ∈ ℤ}.

  13. 13

    Contraintes.

    x ≥ 0 donne 17k ≤ 3000, soit k ≤ 176,47, donc k ≤ 176.

  14. 14

    y ≥ 0 donne 23k ≥ 4000, soit k ≥ 173,91, donc k ≥ 174.

  15. 15

    Les entiers convenables sont donc k = 174, 175 et 176 : il y a exactement TROIS solutions.

  16. 16

    k = 174 : x = 3000 - 2958 = 42 et y = -4000 + 4002 = 2.

    Contrôle : 23 × 42 + 17 × 2 = 966 + 34 = 1000 ✔.

  17. 17

    k = 175 : x = 25 et y = 25.

    Contrôle : 575 + 425 = 1000 ✔.

  18. 18

    k = 176 : x = 8 et y = 48.

    Contrôle : 184 + 816 = 1000 ✔.

Réponse : 3 × 23 - 4 × 17 = 1 · solutions générales : x = 3000 - 17k, y = -4000 + 23k · en entiers naturels : (42 ; 2), (25 ; 25) et (8 ; 48).

Rappel de cours : Le filtrage par les contraintes donne un ENCADREMENT du paramètre. Le nombre de solutions positives est le nombre d'entiers dans cet intervalle — souvent très petit, parfois nul.

Erreur fréquente : Arrondir dans le mauvais sens. k ≤ 176,47 donne k ≤ 176, mais k ≥ 173,91 donne k ≥ 174 : les deux arrondis vont dans des directions opposées.

18

Exercice 18 — Résoudre une congruence avec un grand module

Type bac / défi

On résout 17x ≡ 5 [26].

Le balayage des 26 restes fonctionnerait, mais l'inverse modulaire donne la réponse en trois lignes — et reste praticable pour des modules bien plus grands.

  1. 1.Justifier que l'équation admet une unique solution modulo 26.
  2. 2.Déterminer l'inverse de 17 modulo 26 par l'algorithme d'Euclide.
  3. 3.Résoudre l'équation et vérifier.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    On calcule PGCD (17 ; 26) : 26 = 1 × 17 + 9 ; 17 = 1 × 9 + 8 ; 9 = 1 × 8 + 1 ; 8 = 8 × 1 + 0.

  2. 2

    Le PGCD vaut 1 : 17 et 26 sont premiers entre eux, donc 17 est inversible modulo 26.

  3. 3

    Une équation ax ≡ b [n] avec a inversible admet exactement UNE solution modulo n : on multiplie simplement par l'inverse.

  4. 4

    Remontée pour l'inverse.

    On part de 1 = 9 - 8.

  5. 5

    On remplace 8 par 17 - 9 : 1 = 9 - (17 - 9) = 2 × 9 - 17.

  6. 6

    On remplace 9 par 26 - 17 : 1 = 2(26 - 17) - 17 = 2 × 26 - 3 × 17.

  7. 7

    Donc -3 × 17 + 2 × 26 = 1.

    En réduisant modulo 26 : -3 × 17 ≡ 1 [26].

  8. 8

    L'inverse de 17 est donc -3, soit -3 + 26 = 23 entre 0 et 25.

  9. 9

    Vérification : 17 × 23 = 391.

    Or 391 = 26 × 15 + 1 = 390 + 1, donc 17 × 23 ≡ 1 [26] ✔.

  10. 10

    Résolution : on multiplie les deux membres de 17x ≡ 5 [26] par 23.

  11. 11

    23 × 17x ≡ 23 × 5 [26], soit x ≡ 115 [26] puisque 23 × 17 ≡ 1.

  12. 12

    On réduit : 115 = 26 × 4 + 11, donc x ≡ 11 [26].

  13. 13

    Vérification directe : 17 × 11 = 187, et 187 = 26 × 7 + 5 = 182 + 5, donc 17 × 11 ≡ 5 [26] ✔.

  14. 14

    L'ensemble des solutions est {11 + 26k, k ∈ ℤ} — une seule classe, comme annoncé.

Réponse : PGCD (17 ; 26) = 1, donc une unique solution modulo 26 · -3 × 17 + 2 × 26 = 1, l'inverse de 17 est 23 · x ≡ 23 × 5 = 115 ≡ 11 [26].

Rappel de cours : ax ≡ b [n] avec PGCD (a ; n) = 1 : la solution est x ≡ a'b [n], où a' est l'inverse de a. Unique modulo n, toujours.

Erreur fréquente : Oublier de réduire l'inverse entre 0 et n-1. -3 est correct, mais 23 est la forme attendue dans une réponse.

19

Exercice 19 — Problème type bac : congruences et dénombrement

Type bac / défi

On cherche les entiers naturels n vérifiant simultanément n ≡ 1 [5] et n ≡ 3 [8].

  1. 1.Déterminer une solution particulière.
  2. 2.Démontrer que l'ensemble des solutions est n ≡ 11 [40].
  3. 3.Déterminer le nombre de solutions comprises entre 1 et 1000, ainsi que la plus grande.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    La première condition s'écrit n = 1 + 5k.

    On reporte dans la seconde : 1 + 5k ≡ 3 [8], soit 5k ≡ 2 [8].

  2. 2

    PGCD (5 ; 8) = 1, donc 5 est inversible modulo 8.

    On cherche son inverse : 5 × 5 = 25 = 24 + 1 ≡ 1 [8], donc l'inverse de 5 est 5.

  3. 3

    On multiplie par 5 : 25k ≡ 10 [8], soit k ≡ 2 [8].

  4. 4

    Pour k = 2 : n = 1 + 10 = 11.

    C'est une solution particulière.

  5. 5

    Vérification : 11 = 5 × 2 + 1 ✔ et 11 = 8 + 3 ✔.

  6. 6

    Cas général : k ≡ 2 [8] signifie k = 2 + 8m, donc n = 1 + 5(2 + 8m) = 11 + 40m.

  7. 7

    On peut aussi raisonner directement : si n est solution, alors n - 11 est divisible par 5 (car n ≡ 11 ≡ 1 [5]) et par 8 (car n ≡ 11 ≡ 3 [8]).

  8. 8

    Comme 5 et 8 sont premiers entre eux, leur produit 40 divise n - 11 — c'est le corollaire du théorème de Gauss.

  9. 9

    Réciproquement, tout n ≡ 11 [40] vérifie les deux conditions.

    L'ensemble des solutions est donc exactement n ≡ 11 [40].

  10. 10

    Troisième question : les solutions entre 1 et 1000 sont les n = 11 + 40m avec 1 ≤ 11 + 40m ≤ 1000.

  11. 11

    La borne inférieure donne 40m ≥ -10, donc m ≥ 0 (pour n entier naturel non nul).

  12. 12

    La borne supérieure donne 40m ≤ 989, soit m ≤ 24,725, donc m ≤ 24.

  13. 13

    Les valeurs possibles de m sont donc 0, 1, …, 24 : il y a 25 solutions.

  14. 14

    La plus grande correspond à m = 24 : n = 11 + 960 = 971.

  15. 15

    Contrôle : 971 = 5 × 194 + 1 ✔ et 971 = 8 × 121 + 3 ✔.

    Et la suivante, 1011, dépasse bien 1000 ✔.

Réponse : Solution particulière : 11 · l'ensemble des solutions est n ≡ 11 [40] · il y a 25 solutions entre 1 et 1000, la plus grande étant 971.

Rappel de cours : Corollaire de Gauss : si b et c sont premiers entre eux et divisent tous deux N, alors bc | N. C'est lui qui justifie le passage au module 40 = 5 × 8.

Erreur fréquente : Prendre PPCM (5 ; 8) = 40 sans justifier. Ici les modules sont premiers entre eux, donc le PPCM est bien le produit — ce ne serait pas le cas avec 4 et 6.

20

Exercice 20 — Problème de synthèse : Bézout et déchiffrement

Type bac / défi

On considère l'équation (E) : 11x - 26y = 1, d'inconnues entières x et y.

Elle va servir à déchiffrer un code affine où chaque lettre de rang x (avec A = 0, …, Z = 25) est codée par la lettre de rang y ≡ 11x + 4 [26].

  1. 1.Justifier que (E) admet des solutions, et en déterminer une par l'algorithme d'Euclide.
  2. 2.Résoudre (E) dans ℤ².
  3. 3.En déduire l'inverse de 11 modulo 26, puis résoudre 11x ≡ 7 [26].
  4. 4.Établir la formule de déchiffrement du code affine, et décoder la lettre G.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Algorithme d'Euclide : 26 = 2 × 11 + 4 ; 11 = 2 × 4 + 3 ; 4 = 1 × 3 + 1 ; 3 = 3 × 1 + 0.

  2. 2

    Le PGCD vaut 1, qui divise 1 : (E) admet des solutions.

  3. 3

    Remontée : 1 = 4 - 3.

  4. 4

    On remplace 3 par 11 - 2 × 4 : 1 = 4 - (11 - 2 × 4) = 3 × 4 - 11.

  5. 5

    On remplace 4 par 26 - 2 × 11 : 1 = 3(26 - 2 × 11) - 11 = 3 × 26 - 7 × 11.

  6. 6

    Donc -7 × 11 + 3 × 26 = 1, qu'on réécrit sous la forme de (E) : 11 × (-7) - 26 × (-3) = 1.

  7. 7

    Le couple (-7 ; -3) est solution.

    Vérification : -77 + 78 = 1 ✔.

  8. 8

    Cas général : soit (x ; y) solution.

    En soustrayant : 11(x + 7) - 26(y + 3) = 0, soit 11(x + 7) = 26(y + 3).

  9. 9

    26 divise 11(x + 7), et PGCD (26 ; 11) = 1, donc par Gauss 26 | x + 7 : x = -7 + 26k.

  10. 10

    En reportant : 11 × 26k = 26(y + 3), donc y = -3 + 11k.

  11. 11

    Les solutions de (E) sont {(-7 + 26k ; -3 + 11k), k ∈ ℤ}.

  12. 12

    Inverse de 11 modulo 26 : de 11 × (-7) - 26 × (-3) = 1, on tire 11 × (-7) ≡ 1 [26].

  13. 13

    L'inverse est donc -7 ≡ 19 [26].

    Vérification : 11 × 19 = 209 = 26 × 8 + 1 = 208 + 1 ✔.

  14. 14

    Résolution de 11x ≡ 7 [26] : on multiplie par 19, ce qui donne x ≡ 19 × 7 = 133 [26].

  15. 15

    On réduit : 133 = 26 × 5 + 3, donc x ≡ 3 [26].

  16. 16

    Vérification : 11 × 3 = 33 = 26 + 7, donc 11 × 3 ≡ 7 [26] ✔.

  17. 17

    Déchiffrement du code.

    On part de y ≡ 11x + 4 [26], donc y - 4 ≡ 11x [26].

  18. 18

    On multiplie par l'inverse 19 : 19(y - 4) ≡ 19 × 11 x ≡ x [26].

  19. 19

    La formule de déchiffrement est donc x ≡ 19(y - 4) [26].

  20. 20

    Décodons G, de rang y = 6 : x ≡ 19 × (6 - 4) = 19 × 2 = 38 [26], et 38 = 26 + 12, donc x ≡ 12.

  21. 21

    Le rang 12 correspond à la lettre M.

    La lettre G décode donc en M.

  22. 22

    Contrôle dans l'autre sens : 11 × 12 + 4 = 136, et 136 = 26 × 5 + 6, donc M se code bien en rang 6, c'est-à-dire G ✔.

Réponse : (E) : PGCD (11 ; 26) = 1, solution particulière (-7 ; -3), solutions x = -7 + 26k, y = -3 + 11k · inverse de 11 modulo 26 : 19 · 11x ≡ 7 [26] ⇒ x ≡ 3 [26] · déchiffrement : x ≡ 19(y-4) [26], et G décode en M.

Rappel de cours : Chaîne complète du chapitre : Euclide donne le PGCD, la remontée donne Bézout, Bézout donne l'inverse modulaire, l'inverse donne le déchiffrement. Chaque maillon se vérifie en une ligne.

Erreur fréquente : Confondre les deux inverses en jeu. Ici 19 est l'inverse de 11 modulo 26 ; le -7 de Bézout est le même nombre, simplement écrit sous une autre forme.

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Divisibilité, congruences, PGCD, théorèmes de Bézout et de Gauss, nombres premiers.

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