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Exercices corrigés : Matrices : opérations et inverse — Terminale maths expertes

Besoin de revoir la leçon avant de te lancer ? Cours et fiche de révision : Matrices : opérations et inverse

Niveau
Terminale maths expertes
Chapitre
Matrices : opérations et inverse
Nombre d'exercices
20 exercices corrigés
Difficulté
Application directe à type bac

Une matrice est un tableau de nombres qu'on additionne, qu'on multiplie et parfois qu'on inverse — mais dont le produit obéit à des règles inhabituelles : il n'est pas commutatif, et deux matrices non nulles peuvent avoir un produit nul. Ces 20 exercices corrigés couvrent tout le chapitre en maths expertes : somme et produit par un réel, produit matriciel et ses pièges, matrice identité, puissances d'une matrice, déterminant et condition d'inversibilité, inverse d'une matrice 2 × 2 puis 3 × 3, résolution de systèmes linéaires par la matrice inverse, polynôme annulateur, matrices qui commutent, et calcul de Aⁿ par récurrence, par le binôme de Newton avec une matrice nilpotente, puis par diagonalisation. Les applications finales — suites couplées, suite de Fibonacci, modèle d'évolution — montrent à quoi sert vraiment cette machinerie. Chaque correction est rédigée pas à pas, produit par produit, avec vérification.

Cherche d'abord par toi-même, puis clique sur « Voir la correction » : chaque étape est détaillée avec rappels de cours et erreurs fréquentes à éviter.

1

Exercice 1 — Somme, produit par un réel, égalité

Application directe

Une matrice de format n × p a n lignes et p colonnes.

La somme et le produit par un réel s'effectuent COEFFICIENT PAR COEFFICIENT, et n'ont de sens qu'entre matrices de même format.

On pose A = 1 2 ; 3 4 et B = 0 -1 ; 2 5.

  1. 1.Calculer A + B et 3A.
  2. 2.Calculer A - 2B.
  3. 3.Déterminer les réels x et y tels que x+1 2 ; 3 y-4 = 5 2 ; 3 1.
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Correction détaillée

  1. 1

    Les deux matrices sont de format 2 × 2 : la somme est définie, et se fait terme à terme.

  2. 2

    A + B = 1+0 2+(-1) ; 3+2 4+5 = 1 1 ; 5 9.

  3. 3

    Pour 3A, on multiplie CHAQUE coefficient par 3 : 3A = 3 6 ; 9 12.

  4. 4

    Pour A - 2B, on calcule d'abord 2B = 0 -2 ; 4 10.

  5. 5

    Puis A - 2B = 1-0 2-(-2) ; 3-4 4-10 = 1 4 ; -1 -6.

  6. 6

    Attention au signe sur le coefficient -2 : 2 - (-2) = 4, et non 0.

  7. 7

    Troisième question : deux matrices sont égales lorsqu'elles ont le même format ET les mêmes coefficients, un par un.

  8. 8

    L'égalité impose donc x + 1 = 5 et y - 4 = 1, les autres coefficients étant déjà identiques.

  9. 9

    On résout : x = 4 et y = 5.

  10. 10

    Vérification : 4+1 2 ; 3 5-4 = 5 2 ; 3 1 ✔.

Réponse : A + B = 1 1 ; 5 9 · 3A = 3 6 ; 9 12 · A - 2B = 1 4 ; -1 -6 · x = 4 et y = 5.

Rappel de cours : Somme et produit par un réel : coefficient par coefficient, entre matrices de MÊME FORMAT. Égalité de matrices : même format et tous les coefficients égaux — soit autant d'équations que de cases.

Erreur fréquente : Additionner des matrices de formats différents. Une matrice 2 × 3 et une matrice 3 × 2 ne s'additionnent pas, même si elles ont le même nombre de coefficients.

2

Exercice 2 — Le produit matriciel

Application directe

Le produit AB n'a de sens que si le nombre de COLONNES de A égale le nombre de LIGNES de B.

Le coefficient de la ligne i et de la colonne j du produit s'obtient en combinant la ligne i de A avec la colonne j de B.

On reprend A = 1 2 ; 3 4 et B = 0 -1 ; 2 5.

  1. 1.Calculer AB.
  2. 2.Calculer BA et comparer avec AB.
  3. 3.Calculer A × 1 ; -1.
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Correction détaillée

  1. 1

    Coefficient en haut à gauche de AB : ligne 1 de A avec colonne 1 de B, soit 1 × 0 + 2 × 2 = 4.

  2. 2

    Coefficient en haut à droite : ligne 1 de A avec colonne 2 de B, soit 1 × (-1) + 2 × 5 = -1 + 10 = 9.

  3. 3

    Coefficient en bas à gauche : ligne 2 de A avec colonne 1 de B, soit 3 × 0 + 4 × 2 = 8.

  4. 4

    Coefficient en bas à droite : 3 × (-1) + 4 × 5 = -3 + 20 = 17.

  5. 5

    Donc AB = 4 9 ; 8 17.

  6. 6

    Calculons maintenant BA, en changeant l'ordre.

    Coefficient en haut à gauche : ligne 1 de B avec colonne 1 de A, soit 0 × 1 + (-1) × 3 = -3.

  7. 7

    Haut à droite : 0 × 2 + (-1) × 4 = -4.

  8. 8

    Bas à gauche : 2 × 1 + 5 × 3 = 17.

    Bas à droite : 2 × 2 + 5 × 4 = 24.

  9. 9

    Donc BA = -3 -4 ; 17 24.

  10. 10

    Les deux résultats sont DIFFÉRENTS : le produit matriciel n'est pas commutatif.

    C'est la première règle à intégrer, et la source de la plupart des erreurs du chapitre.

  11. 11

    Troisième question : A est de format 2 × 2 et le vecteur colonne de format 2 × 1 : le produit est défini, et de format 2 × 1.

  12. 12

    Première ligne : 1 × 1 + 2 × (-1) = -1.

    Seconde ligne : 3 × 1 + 4 × (-1) = -1.

  13. 13

    Donc A × 1 ; -1 = -1 ; -1.

Réponse : AB = 4 9 ; 8 17 · BA = -3 -4 ; 17 24 ≠ AB · A 1 ; -1 = -1 ; -1.

Rappel de cours : AB défini si colonnes de A = lignes de B, et le format du produit est (lignes de A) × (colonnes de B). En général AB ≠ BA.

Erreur fréquente : Multiplier coefficient par coefficient, comme pour la somme. Le produit matriciel combine une LIGNE avec une COLONNE : c'est une somme de produits.

3

Exercice 3 — Les pièges du produit matriciel

Application directe

Le calcul matriciel ressemble au calcul sur les réels, mais deux propriétés familières tombent : la commutativité, et l'implication « produit nul donc un facteur nul ».

  1. 1.Calculer 1 1 ; 1 1 × 1 1 ; -1 -1. Que constate-t-on ?
  2. 2.En déduire qu'on ne peut pas « simplifier » une égalité matricielle par un facteur.
  3. 3.Développer (A + B)² pour deux matrices carrées quelconques.
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Correction détaillée

  1. 1

    Coefficient en haut à gauche : 1 × 1 + 1 × (-1) = 0.

  2. 2

    Haut à droite : 1 × 1 + 1 × (-1) = 0.

    Bas à gauche : 1 × 1 + 1 × (-1) = 0.

    Bas à droite : 0 de même.

  3. 3

    Le produit vaut donc la matrice NULLE, alors qu'aucun des deux facteurs n'est nul.

  4. 4

    Conclusion : dans l'ensemble des matrices, MN = 0 n'implique PAS M = 0 ou N = 0.

    On dit que ces matrices sont des « diviseurs de zéro ».

  5. 5

    Conséquence directe pour la résolution : une équation matricielle MN = 0 ne se résout pas en annulant un facteur.

  6. 6

    Deuxième question.

    Supposons MA = MB avec M ≠ 0.

    En passant tout à gauche : M(A - B) = 0.

  7. 7

    On vient de voir qu'un produit nul n'entraîne pas l'annulation d'un facteur : on ne peut donc pas conclure A - B = 0, c'est-à-dire A = B.

  8. 8

    Contre-exemple explicite : avec M = 1 1 ; 1 1, A = 1 1 ; -1 -1 et B = la matrice nulle, on a MA = MB = 0 alors que A ≠ B.

  9. 9

    La simplification n'est autorisée que si M est INVERSIBLE : on multiplie alors par M⁻¹ à gauche, ce qui est légitime.

  10. 10

    Troisième question : (A+B)² = (A+B)(A+B).

    On développe en respectant l'ORDRE des facteurs.

  11. 11

    (A+B)(A+B) = A × A + A × B + B × A + B × B = A² + AB + BA + B².

  12. 12

    On ne peut PAS regrouper AB + BA en 2AB, puisque AB ≠ BA en général.

  13. 13

    La formule est donc (A+B)² = A² + AB + BA + B², et elle ne se réduit à A² + 2AB + B² que dans le cas particulier où A et B COMMUTENT.

  14. 14

    Ce cas particulier n'est pas rare et sera exploité à l'exercice 16 : la matrice identité commute avec tout le monde.

Réponse : Le produit vaut la matrice nulle sans qu'aucun facteur ne le soit · on ne peut donc pas simplifier MA = MB en A = B, sauf si M est inversible · (A+B)² = A² + AB + BA + B².

Rappel de cours : Trois règles perdues : AB ≠ BA · AB = 0 n'entraîne pas A = 0 ou B = 0 · les identités remarquables ne valent que si A et B commutent.

Erreur fréquente : Écrire (A+B)² = A² + 2AB + B². C'est faux dès que AB ≠ BA, c'est-à-dire dans le cas général.

4

Exercice 4 — Matrice identité et premières puissances

Application directe

La matrice identité I₂ = 1 0 ; 0 1 joue le rôle du nombre 1 : elle est neutre pour le produit, et elle commute avec toutes les matrices carrées de même format.

  1. 1.Vérifier que AI₂ = I₂A = A pour A = 1 2 ; 3 4.
  2. 2.Calculer A² et A³.
  3. 3.Calculer Dⁿ pour D = 2 0 ; 0 3.
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Correction détaillée

  1. 1

    AI₂ : première ligne, 1 × 1 + 2 × 0 = 1 puis 1 × 0 + 2 × 1 = 2.

  2. 2

    Seconde ligne : 3 × 1 + 4 × 0 = 3 puis 3 × 0 + 4 × 1 = 4.

    On retrouve A ✔.

  3. 3

    I₂A : première ligne, 1 × 1 + 0 × 3 = 1 puis 1 × 2 + 0 × 4 = 2 ; seconde ligne, 0 × 1 + 1 × 3 = 3 puis 0 × 2 + 1 × 4 = 4.

    On retrouve encore A ✔.

  4. 4

    I₂ est donc neutre des deux côtés — c'est l'une des rares matrices qui commute avec toutes les autres.

  5. 5

    A² = A × A.

    Haut gauche : 1 × 1 + 2 × 3 = 7.

    Haut droite : 1 × 2 + 2 × 4 = 10.

  6. 6

    Bas gauche : 3 × 1 + 4 × 3 = 15.

    Bas droite : 3 × 2 + 4 × 4 = 22.

  7. 7

    Donc A² = 7 10 ; 15 22.

  8. 8

    A³ = A² × A.

    Haut gauche : 7 × 1 + 10 × 3 = 37.

    Haut droite : 7 × 2 + 10 × 4 = 54.

  9. 9

    Bas gauche : 15 × 1 + 22 × 3 = 81.

    Bas droite : 15 × 2 + 22 × 4 = 118.

  10. 10

    Donc A³ = 37 54 ; 81 118.

    On voit que les coefficients explosent : calculer A²⁰ ainsi serait déraisonnable.

  11. 11

    Pour la matrice DIAGONALE D, le calcul est bien plus simple.

    D² = 4 0 ; 0 9, D³ = 8 0 ; 0 27.

  12. 12

    On conjecture Dⁿ = 2ⁿ 0 ; 0 3ⁿ, ce qui se démontre immédiatement par récurrence : le produit de deux matrices diagonales se fait coefficient par coefficient sur la diagonale.

  13. 13

    Cette simplicité des matrices diagonales est exactement ce qu'exploitera la diagonalisation de l'exercice 17.

Réponse : AI₂ = I₂A = A ✔ · A² = 7 10 ; 15 22 et A³ = 37 54 ; 81 118 · Dⁿ = 2ⁿ 0 ; 0 3ⁿ.

Rappel de cours : I est neutre et commute avec tout. Pour une matrice DIAGONALE, les puissances se calculent coefficient par coefficient sur la diagonale — c'est le seul cas vraiment facile.

Erreur fréquente : Élever une matrice quelconque à la puissance n coefficient par coefficient. A² vaut 7 10 ; 15 22, et non 1 4 ; 9 16.

5

Exercice 5 — Puissances d'une matrice triangulaire

À maîtriser

Certaines matrices ont des puissances remarquablement simples.

On étudie T = 1 1 ; 0 1 et N = 0 1 ; 0 0.

  1. 1.Calculer N². Que dire de N^(k) pour k ≥ 2 ?
  2. 2.Calculer T², T³, puis conjecturer Tⁿ.
  3. 3.Démontrer la conjecture par récurrence.
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Correction détaillée

  1. 1

    N² = N × N.

    Haut gauche : 0 × 0 + 1 × 0 = 0.

    Haut droite : 0 × 1 + 1 × 0 = 0.

  2. 2

    Bas gauche et bas droite : 0 également, la seconde ligne de N étant nulle.

  3. 3

    Donc N² = 0 0 ; 0 0, la matrice nulle.

  4. 4

    Par conséquent N^(k) = N² × N^(k-2) = 0 pour tout k ≥ 2.

    Une telle matrice, non nulle mais de puissance nulle, est dite NILPOTENTE.

  5. 5

    C'est encore une différence avec les réels : aucun réel non nul n'a de puissance nulle.

  6. 6

    Passons à T.

    Haut gauche de T² : 1 × 1 + 1 × 0 = 1.

    Haut droite : 1 × 1 + 1 × 1 = 2.

  7. 7

    Seconde ligne : 0 × 1 + 1 × 0 = 0 puis 0 × 1 + 1 × 1 = 1.

    Donc T² = 1 2 ; 0 1.

  8. 8

    T³ = T² × T : haut droite 1 × 1 + 2 × 1 = 3, les autres coefficients inchangés.

    Donc T³ = 1 3 ; 0 1.

  9. 9

    On conjecture Tⁿ = 1 n ; 0 1 : seul le coefficient en haut à droite évolue, et il compte les étapes.

  10. 10

    Démonstration par récurrence.

    INITIALISATION : pour n = 1, la formule donne 1 1 ; 0 1 = T ✔.

  11. 11

    HÉRÉDITÉ : supposons Tⁿ = 1 n ; 0 1 pour un certain n ≥ 1.

  12. 12

    Alors Tⁿ⁺¹ = Tⁿ × T = 1 n ; 0 1 1 1 ; 0 1.

  13. 13

    Haut gauche : 1 × 1 + n × 0 = 1.

    Haut droite : 1 × 1 + n × 1 = n + 1.

    Seconde ligne : 0 puis 1.

  14. 14

    On obtient Tⁿ⁺¹ = 1 n+1 ; 0 1 : la formule est vraie au rang n+1.

  15. 15

    CONCLUSION : par récurrence, Tⁿ = 1 n ; 0 1 pour tout entier n ≥ 1.

  16. 16

    Lien entre les deux matrices : T = I₂ + N, et le lien sera exploité à l'exercice 16 pour retrouver ce résultat par le binôme de Newton.

Réponse : N² = 0, donc N^(k) = 0 pour k ≥ 2 : N est nilpotente · T² = 1 2 ; 0 1, T³ = 1 3 ; 0 1, et Tⁿ = 1 n ; 0 1, démontré par récurrence.

Rappel de cours : Méthode standard pour Aⁿ : calculer les premières puissances, CONJECTURER la forme, puis démontrer par récurrence. Une matrice nilpotente vérifie N^(k) = 0 à partir d'un certain rang.

Erreur fréquente : Conclure sans récurrence après trois calculs. Trois cas ne prouvent rien : la rédaction attendue comporte initialisation, hérédité et conclusion.

6

Exercice 6 — Déterminant et inversibilité

À maîtriser

Une matrice carrée A est INVERSIBLE s'il existe une matrice A⁻¹ telle que AA⁻¹ = A⁻¹A = I.

Pour une matrice 2 × 2, tout se lit sur un seul nombre : le déterminant det a b ; c d = ad - bc.

  1. 1.Calculer les déterminants de A = 1 2 ; 3 4, B = 2 4 ; 1 2 et C = 3 5 ; 1 2.
  2. 2.Lesquelles sont inversibles ?
  3. 3.Pour quelles valeurs de m la matrice M = m 3 ; 2 m-1 est-elle inversible ?
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  1. 1

    det A = 1 × 4 - 2 × 3 = 4 - 6 = -2.

  2. 2

    det B = 2 × 2 - 4 × 1 = 4 - 4 = 0.

  3. 3

    det C = 3 × 2 - 5 × 1 = 6 - 5 = 1.

  4. 4

    Le critère est : A est inversible si et seulement si det A ≠ 0.

  5. 5

    A est donc inversible (det = -2 ≠ 0), C aussi (det = 1), mais B ne l'est PAS.

  6. 6

    On peut le voir directement sur B : sa première ligne est le double de la seconde, les deux lignes sont « proportionnelles ».

    C'est toujours le signe d'un déterminant nul.

  7. 7

    Conséquence concrète pour B : le système associé n'a pas de solution unique — soit aucune, soit une infinité.

  8. 8

    Troisième question : det M = m(m-1) - 3 × 2 = m² - m - 6.

  9. 9

    M est inversible si et seulement si m² - m - 6 ≠ 0.

  10. 10

    On résout l'équation m² - m - 6 = 0 : Δ = 1 + 24 = 25, donc m = (1 ± 5)/2, soit m = 3 ou m = -2.

  11. 11

    M est donc inversible pour tout réel m SAUF m = 3 et m = -2.

  12. 12

    Vérification pour m = 3 : M = 3 3 ; 2 2, dont les lignes sont proportionnelles ✔ — non inversible.

  13. 13

    Vérification pour m = -2 : M = -2 3 ; 2 -3, dont la seconde ligne est l'opposée de la première ✔.

Réponse : det A = -2, det B = 0, det C = 1 · A et C sont inversibles, B ne l'est pas · M est inversible pour m ≠ 3 et m ≠ -2.

Rappel de cours : det a b ; c d = ad - bc, et A inversible ⇔ det A ≠ 0. Un déterminant nul signale des lignes (ou colonnes) proportionnelles.

Erreur fréquente : Calculer ad + bc. Le déterminant est une DIFFÉRENCE : le produit de la diagonale principale moins celui de l'antidiagonale.

7

Exercice 7 — Inverse d'une matrice 2 × 2

À maîtriser

Lorsque det A = ad - bc ≠ 0, l'inverse s'obtient par une formule : A⁻¹ = 1/(ad - bc) d -b ; -c a — on échange les termes de la diagonale principale, on change le signe des deux autres, et on divise par le déterminant.

  1. 1.Déterminer l'inverse de C = 3 5 ; 1 2 et vérifier.
  2. 2.Déterminer l'inverse de A = 1 2 ; 3 4.
  3. 3.Démontrer la formule dans le cas général.
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  1. 1

    Pour C, le déterminant vaut 3 × 2 - 5 × 1 = 1 (exercice 6) : le calcul sera particulièrement simple.

  2. 2

    On applique la formule : C⁻¹ = 1/1 2 -5 ; -1 3 = 2 -5 ; -1 3.

  3. 3

    Vérification par CC⁻¹ : haut gauche 3 × 2 + 5 × (-1) = 1 ; haut droite 3 × (-5) + 5 × 3 = 0.

  4. 4

    Bas gauche : 1 × 2 + 2 × (-1) = 0 ; bas droite : 1 × (-5) + 2 × 3 = 1.

    On obtient bien I₂ ✔.

  5. 5

    Vérification dans l'autre sens, C⁻¹C : haut gauche 2 × 3 + (-5) × 1 = 1, haut droite 2 × 5 + (-5) × 2 = 0 ✔.

    Les deux produits donnent I₂.

  6. 6

    Pour A, le déterminant vaut -2, donc A⁻¹ = 1/(-2) 4 -2 ; -3 1 = -2 1 ; 3/2 -1/2.

  7. 7

    Vérification : haut gauche de AA⁻¹ vaut 1 × (-2) + 2 × 3/2 = -2 + 3 = 1 ✔ ; haut droite : 1 × 1 + 2 × (-1/2) = 0 ✔.

  8. 8

    Démonstration de la formule.

    Posons B = d -b ; -c a et calculons AB.

  9. 9

    Haut gauche : a × d + b × (-c) = ad - bc.

    Haut droite : a × (-b) + b × a = 0.

  10. 10

    Bas gauche : c × d + d × (-c) = 0.

    Bas droite : c × (-b) + d × a = ad - bc.

  11. 11

    Donc AB = (ad - bc)I₂ = (det A) I₂.

  12. 12

    Si det A ≠ 0, on peut diviser : A × 1/(det A)B = I₂, ce qui prouve que 1/(det A)B est bien l'inverse de A.

  13. 13

    Le calcul de BA donne le même résultat, ce qui confirme l'inverse des deux côtés.

Réponse : C⁻¹ = 2 -5 ; -1 3 · A⁻¹ = -2 1 ; 3/2 -1/2 · la formule vient de A d -b ; -c a = (ad-bc)I₂.

Rappel de cours : A⁻¹ = 1/(ad-bc) d -b ; -c a. On échange a et d, on change le signe de b et c, on divise par le déterminant. À vérifier toujours par AA⁻¹ = I.

Erreur fréquente : Changer le signe de a et d au lieu de les échanger. La formule permute la diagonale principale et change le signe de l'antidiagonale — pas l'inverse.

8

Exercice 8 — Résoudre un système par la matrice inverse

À maîtriser

Un système linéaire s'écrit matriciellement AX = B.

Si A est inversible, la solution est unique et vaut X = A⁻¹B.

On résout 3x + 5y = 8 ; x + 2y = 3

  1. 1.Écrire le système sous forme matricielle.
  2. 2.Résoudre à l'aide de la matrice inverse.
  3. 3.Que se passerait-il si la matrice du système n'était pas inversible ?
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Correction détaillée

  1. 1

    On range les coefficients des inconnues dans une matrice, les inconnues dans un vecteur colonne, et les seconds membres dans un autre.

  2. 2

    3 5 ; 1 2 x ; y = 8 ; 3, c'est-à-dire CX = B avec la matrice C de l'exercice 7.

  3. 3

    Contrôle de l'écriture : le produit de la première ligne donne 3x + 5y ✔ et celui de la seconde x + 2y ✔.

  4. 4

    Comme det C = 1 ≠ 0, la matrice est inversible et le système a une SOLUTION UNIQUE, donnée par X = C⁻¹B.

  5. 5

    On dispose déjà de C⁻¹ = 2 -5 ; -1 3.

  6. 6

    Calcul : X = 2 -5 ; -1 3 8 ; 3.

  7. 7

    Première ligne : 2 × 8 + (-5) × 3 = 16 - 15 = 1.

  8. 8

    Seconde ligne : (-1) × 8 + 3 × 3 = -8 + 9 = 1.

  9. 9

    Donc X = 1 ; 1, c'est-à-dire x = 1 et y = 1.

  10. 10

    Vérification dans le système : 3 × 1 + 5 × 1 = 8 ✔ et 1 + 2 × 1 = 3 ✔.

  11. 11

    Attention à l'ordre : c'est X = C⁻¹B et non X = BC⁻¹, qui n'aurait d'ailleurs pas de sens (formats incompatibles).

  12. 12

    Si la matrice n'était pas inversible, son déterminant serait nul et la méthode s'effondrerait.

    Le système aurait alors soit AUCUNE solution, soit une INFINITÉ.

  13. 13

    Exemple : 2x + 4y = 1 ; x + 2y = 3 a pour matrice 2 4 ; 1 2, de déterminant nul.

    En doublant la seconde équation on obtient 2x + 4y = 6 ≠ 1 : le système n'a aucune solution.

Réponse : 3 5 ; 1 2 x ; y = 8 ; 3 · X = C⁻¹B = 1 ; 1, donc x = y = 1 · si det = 0, le système a zéro ou une infinité de solutions.

Rappel de cours : AX = B avec A inversible ⇒ X = A⁻¹B (multiplication À GAUCHE par A⁻¹). Le déterminant décide donc de l'existence et de l'unicité de la solution.

Erreur fréquente : Multiplier à droite : X = BA⁻¹. L'ordre est imposé, et ici le produit ne serait même pas défini.

9

Exercice 9 — Équations matricielles

À maîtriser

Résoudre une équation matricielle demande de manipuler les produits en respectant l'ordre, et de n'utiliser l'inverse que là où il existe.

On donne A = 3 5 ; 1 2, d'inverse A⁻¹ = 2 -5 ; -1 3.

  1. 1.Résoudre AX = 1 0 ; 2 1, d'inconnue X matrice 2 × 2.
  2. 2.Résoudre XA = 1 0 ; 2 1. Comparer avec la question précédente.
  3. 3.Résoudre AX + 2X = 5 5 ; 3 3.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Pour AX = M, on multiplie À GAUCHE par A⁻¹ : A⁻¹AX = A⁻¹M, soit X = A⁻¹M.

  2. 2

    Calcul : X = 2 -5 ; -1 3 1 0 ; 2 1.

  3. 3

    Haut gauche : 2 × 1 + (-5) × 2 = -8.

    Haut droite : 2 × 0 + (-5) × 1 = -5.

  4. 4

    Bas gauche : (-1) × 1 + 3 × 2 = 5.

    Bas droite : (-1) × 0 + 3 × 1 = 3.

  5. 5

    Donc X = -8 -5 ; 5 3.

  6. 6

    Pour XA = M, il faut cette fois multiplier À DROITE par A⁻¹ : XAA⁻¹ = MA⁻¹, soit X = MA⁻¹.

  7. 7

    Calcul : X = 1 0 ; 2 1 2 -5 ; -1 3.

  8. 8

    Haut gauche : 1 × 2 + 0 × (-1) = 2.

    Haut droite : 1 × (-5) + 0 × 3 = -5.

  9. 9

    Bas gauche : 2 × 2 + 1 × (-1) = 3.

    Bas droite : 2 × (-5) + 1 × 3 = -7.

  10. 10

    Donc X = 2 -5 ; 3 -7, résultat DIFFÉRENT du précédent : le côté par lequel on multiplie change tout.

  11. 11

    Troisième équation : on factorise le membre de gauche, en pensant à faire apparaître l'identité.

    AX + 2X = AX + 2I₂X = (A + 2I₂)X.

  12. 12

    Il est indispensable d'écrire 2X = 2I₂X : on ne peut pas factoriser « A + 2 », une matrice et un nombre ne s'additionnant pas.

  13. 13

    A + 2I₂ = 5 5 ; 1 4, de déterminant 5 × 4 - 5 × 1 = 15 ≠ 0 : cette matrice est inversible.

  14. 14

    Son inverse vaut 1/15 4 -5 ; -1 5.

  15. 15

    Donc X = 1/15 4 -5 ; -1 5 5 5 ; 3 3 = 1/15 5 5 ; 10 10 = 1/3 1/3 ; 2/3 2/3.

  16. 16

    Détail du produit : haut gauche 4 × 5 + (-5) × 3 = 5 ; haut droite idem ; bas gauche (-1) × 5 + 5 × 3 = 10 ; bas droite idem ✔.

Réponse : AX = M ⇒ X = A⁻¹M = -8 -5 ; 5 3 · XA = M ⇒ X = MA⁻¹ = 2 -5 ; 3 -7 · AX + 2X = (A + 2I)X, d'où X = 1/3 1/3 ; 2/3 2/3.

Rappel de cours : AX = M ⇒ X = A⁻¹M (à gauche) · XA = M ⇒ X = MA⁻¹ (à droite). Pour factoriser une somme du type AX + kX, écrire kX = kIX.

Erreur fréquente : Factoriser en (A + 2)X. L'expression A + 2 n'a aucun sens : il faut A + 2I₂.

10

Exercice 10 — Conjecturer et démontrer une puissance

Type contrôle

On considère A = 1 1 ; 0 2 et l'on cherche une expression de Aⁿ valable pour tout entier n ≥ 1.

  1. 1.Calculer A² et A³.
  2. 2.Conjecturer une expression de Aⁿ.
  3. 3.Démontrer la conjecture par récurrence.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    A² = A × A.

    Haut gauche : 1 × 1 + 1 × 0 = 1.

    Haut droite : 1 × 1 + 1 × 2 = 3.

  2. 2

    Bas gauche : 0 × 1 + 2 × 0 = 0.

    Bas droite : 0 × 1 + 2 × 2 = 4.

  3. 3

    Donc A² = 1 3 ; 0 4.

  4. 4

    A³ = A² × A.

    Haut gauche : 1.

    Haut droite : 1 × 1 + 3 × 2 = 7.

    Bas gauche : 0.

    Bas droite : 4 × 2 = 8.

  5. 5

    Donc A³ = 1 7 ; 0 8.

  6. 6

    Observons la suite des coefficients.

    En bas à droite : 2, 4, 8, soit 2ⁿ.

  7. 7

    En haut à droite : 1, 3, 7.

    Ces nombres valent 2 - 1, 4 - 1, 8 - 1, c'est-à-dire 2ⁿ - 1.

  8. 8

    Le coefficient en haut à gauche reste 1, celui en bas à gauche reste 0 (la matrice est triangulaire, ses puissances le restent).

  9. 9

    On conjecture donc Aⁿ = 1 2ⁿ - 1 ; 0 2ⁿ.

  10. 10

    Démonstration par récurrence.

    INITIALISATION : pour n = 1, la formule donne 1 2 - 1 ; 0 2 = 1 1 ; 0 2 = A ✔.

  11. 11

    HÉRÉDITÉ : supposons la formule vraie au rang n.

    Alors Aⁿ⁺¹ = Aⁿ × A = 1 2ⁿ-1 ; 0 2ⁿ 1 1 ; 0 2.

  12. 12

    Haut gauche : 1 × 1 + (2ⁿ-1) × 0 = 1 ✔.

  13. 13

    Haut droite : 1 × 1 + (2ⁿ-1) × 2 = 1 + 2ⁿ⁺¹ - 2 = 2ⁿ⁺¹ - 1 ✔ — c'est bien la formule au rang n+1.

  14. 14

    Bas gauche : 0.

    Bas droite : 2ⁿ × 2 = 2ⁿ⁺¹ ✔.

  15. 15

    CONCLUSION : Aⁿ = 1 2ⁿ-1 ; 0 2ⁿ pour tout entier n ≥ 1.

  16. 16

    Contrôle indépendant sur n = 4 : la formule prédit 1 15 ; 0 16, et A⁴ = A³A donne en haut à droite 1 + 7 × 2 = 15 ✔.

Réponse : A² = 1 3 ; 0 4, A³ = 1 7 ; 0 8 · conjecture et démonstration : Aⁿ = 1 2ⁿ-1 ; 0 2ⁿ.

Rappel de cours : Pour conjecturer, on regarde chaque coefficient comme une SUITE : ici 2, 4, 8 et 1, 3, 7. L'hérédité se réduit ensuite à un produit matriciel de deux lignes.

Erreur fréquente : Multiplier A × Aⁿ au lieu de Aⁿ × A dans l'hérédité. Les deux donnent ici le même résultat, mais il faut choisir un ordre et s'y tenir : c'est ce qui rend le calcul juste par construction.

11

Exercice 11 — Polynôme annulateur et inverse

Type contrôle

Une relation du type A² = α A + β I s'appelle un polynôme annulateur : elle permet à la fois de calculer les puissances et d'obtenir l'inverse sans passer par le déterminant.

On pose A = 3 1 ; 2 4.

  1. 1.Calculer A² et vérifier que A² = 7A - 10I₂.
  2. 2.En déduire que A est inversible et calculer A⁻¹.
  3. 3.Vérifier le résultat par la formule du déterminant.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    A² = A × A.

    Haut gauche : 3 × 3 + 1 × 2 = 11.

    Haut droite : 3 × 1 + 1 × 4 = 7.

  2. 2

    Bas gauche : 2 × 3 + 4 × 2 = 14.

    Bas droite : 2 × 1 + 4 × 4 = 18.

  3. 3

    Donc A² = 11 7 ; 14 18.

  4. 4

    Calculons maintenant 7A - 10I₂ = 21 7 ; 14 28 - 10 0 ; 0 10 = 11 7 ; 14 18.

  5. 5

    Les deux matrices coïncident : la relation A² = 7A - 10I₂ est vérifiée ✔.

  6. 6

    Remarque : les coefficients 7 et 10 ne sortent pas de nulle part — ce sont la TRACE (3 + 4) et le DÉTERMINANT (3 × 4 - 1 × 2) de A.

  7. 7

    Pour l'inverse, on part de la relation et on fait apparaître un produit égal à I₂.

  8. 8

    A² - 7A = -10I₂, c'est-à-dire A(A - 7I₂) = -10I₂.

  9. 9

    En divisant par -10 : A × (7I₂ - A)/10 = I₂.

  10. 10

    Donc A est inversible, et A⁻¹ = 1/10(7I₂ - A).

  11. 11

    Calcul : 7I₂ - A = 7 0 ; 0 7 - 3 1 ; 2 4 = 4 -1 ; -2 3.

  12. 12

    D'où A⁻¹ = 1/10 4 -1 ; -2 3.

  13. 13

    Vérification par la formule classique : det A = 3 × 4 - 1 × 2 = 10, donc A⁻¹ = 1/10 4 -1 ; -2 3 ✔ — résultat identique.

  14. 14

    Contrôle direct : haut gauche de AA⁻¹ vaut (3 × 4 + 1 × (-2))/10 = 10/10 = 1 ✔ ; haut droite : (3 × (-1) + 1 × 3)/10 = 0 ✔.

  15. 15

    Intérêt de la méthode : elle se généralise aux matrices 3 × 3 et au-delà, là où la formule du déterminant devient lourde.

Réponse : A² = 11 7 ; 14 18 = 7A - 10I₂ ✔ · d'où A(A - 7I₂) = -10I₂ et A⁻¹ = 1/10(7I₂ - A) = 1/10 4 -1 ; -2 3 · identique à la formule du déterminant ✔.

Rappel de cours : D'une relation A² = α A + β I avec β ≠ 0, on tire A(A - α I) = β I, donc A⁻¹ = 1/β(A - α I). Pour une 2 × 2, α est la trace et -β le déterminant.

Erreur fréquente : Écrire A² - 7A = A(A - 7). Il faut A - 7I₂ : on ne soustrait pas un nombre à une matrice.

12

Exercice 12 — Matrices qui commutent

Type contrôle

Le produit n'étant pas commutatif, il est naturel de chercher quelles matrices commutent avec une matrice donnée.

On cherche toutes les matrices M = a b ; c d telles que TM = MT, avec T = 1 1 ; 0 1.

  1. 1.Calculer TM et MT en fonction de a, b, c, d.
  2. 2.Résoudre l'équation TM = MT.
  3. 3.Vérifier sur un exemple, et donner une matrice qui NE commute PAS avec T.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    TM = 1 1 ; 0 1 a b ; c d.

  2. 2

    Haut gauche : 1 × a + 1 × c = a + c.

    Haut droite : 1 × b + 1 × d = b + d.

  3. 3

    Bas gauche : 0 × a + 1 × c = c.

    Bas droite : 0 × b + 1 × d = d.

  4. 4

    Donc TM = a+c b+d ; c d.

  5. 5

    MT = a b ; c d 1 1 ; 0 1.

  6. 6

    Haut gauche : a × 1 + b × 0 = a.

    Haut droite : a × 1 + b × 1 = a + b.

  7. 7

    Bas gauche : c × 1 + d × 0 = c.

    Bas droite : c + d.

  8. 8

    Donc MT = a a+b ; c c+d.

  9. 9

    L'égalité TM = MT impose l'égalité des quatre coefficients.

  10. 10

    Haut gauche : a + c = a, donc c = 0.

  11. 11

    Haut droite : b + d = a + b, donc d = a.

  12. 12

    Bas gauche : c = c, toujours vraie.

    Bas droite : d = c + d, qui redonne c = 0.

  13. 13

    Les matrices qui commutent avec T sont donc exactement celles de la forme a b ; 0 a, avec a et b réels quelconques.

  14. 14

    Autre écriture : ces matrices sont les aI₂ + bN avec N = 0 1 ; 0 0.

    On retrouve la nilpotente de l'exercice 5.

  15. 15

    Vérification avec a = 2, b = 3, soit M = 2 3 ; 0 2 : TM = 2 5 ; 0 2 et MT = 2 5 ; 0 2 ✔.

  16. 16

    Contre-exemple : M' = 1 0 ; 1 1 (avec c = 1 ≠ 0).

    Alors TM' = 2 1 ; 1 1 et M'T = 1 1 ; 1 2 : ces matrices ne commutent pas ✔.

Réponse : TM = a+c b+d ; c d et MT = a a+b ; c c+d · l'égalité impose c = 0 et d = a · les matrices commutant avec T sont les a b ; 0 a = aI₂ + bN.

Rappel de cours : Chercher les matrices qui commutent avec A : poser M générique, calculer les deux produits, identifier les quatre coefficients — c'est un système linéaire en a, b, c, d.

Erreur fréquente : Conclure que seules I et A commutent avec A. Ici tout un plan de matrices convient : la solution est un ensemble, pas deux cas isolés.

13

Exercice 13 — Inverse d'une matrice 3 × 3

Type contrôle

Au-delà du format 2 × 2, il n'y a plus de formule simple à retenir : on vérifie un inverse proposé, ou on le cherche en résolvant un système.

On donne A = 1 2 3 ; 0 1 4 ; 5 6 0 et B = -24 18 5 ; 20 -15 -4 ; -5 4 1.

  1. 1.Vérifier que B est l'inverse de A.
  2. 2.En déduire la solution du système x + 2y + 3z = 1 ; y + 4z = 2 ; 5x + 6y = 3
  3. 3.Vérifier la solution dans le système.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Il faut calculer AB et vérifier qu'on obtient I₃.

    On détaille les neuf coefficients, chacun combinant une ligne de A avec une colonne de B.

  2. 2

    Ligne 1, colonne 1 : 1 × (-24) + 2 × 20 + 3 × (-5) = -24 + 40 - 15 = 1 ✔.

  3. 3

    Ligne 1, colonne 2 : 1 × 18 + 2 × (-15) + 3 × 4 = 18 - 30 + 12 = 0 ✔.

  4. 4

    Ligne 1, colonne 3 : 1 × 5 + 2 × (-4) + 3 × 1 = 5 - 8 + 3 = 0 ✔.

  5. 5

    Ligne 2, colonne 1 : 0 × (-24) + 1 × 20 + 4 × (-5) = 20 - 20 = 0 ✔.

  6. 6

    Ligne 2, colonne 2 : 0 × 18 + 1 × (-15) + 4 × 4 = -15 + 16 = 1 ✔.

  7. 7

    Ligne 2, colonne 3 : 0 × 5 + 1 × (-4) + 4 × 1 = 0 ✔.

  8. 8

    Ligne 3, colonne 1 : 5 × (-24) + 6 × 20 + 0 × (-5) = -120 + 120 = 0 ✔.

  9. 9

    Ligne 3, colonne 2 : 5 × 18 + 6 × (-15) + 0 = 90 - 90 = 0 ✔.

  10. 10

    Ligne 3, colonne 3 : 5 × 5 + 6 × (-4) + 0 = 25 - 24 = 1 ✔.

  11. 11

    On obtient bien AB = I₃.

    Pour un format carré, cela suffit à conclure que B = A⁻¹.

  12. 12

    Le système s'écrit AX = C avec X = x ; y ; z et C = 1 ; 2 ; 3.

  13. 13

    A étant inversible, la solution est unique : X = A⁻¹C = BC.

  14. 14

    Première ligne : -24 × 1 + 18 × 2 + 5 × 3 = -24 + 36 + 15 = 27.

  15. 15

    Deuxième ligne : 20 × 1 + (-15) × 2 + (-4) × 3 = 20 - 30 - 12 = -22.

  16. 16

    Troisième ligne : -5 × 1 + 4 × 2 + 1 × 3 = -5 + 8 + 3 = 6.

  17. 17

    Donc x = 27, y = -22 et z = 6.

  18. 18

    Vérification, équation par équation.

    Première : 27 + 2 × (-22) + 3 × 6 = 27 - 44 + 18 = 1 ✔.

  19. 19

    Deuxième : -22 + 4 × 6 = -22 + 24 = 2 ✔.

  20. 20

    Troisième : 5 × 27 + 6 × (-22) = 135 - 132 = 3 ✔.

    Les trois équations sont satisfaites.

Réponse : AB = I₃ (les neuf coefficients vérifiés), donc B = A⁻¹ · X = BC = 27 ; -22 ; 6, soit x = 27, y = -22, z = 6 · vérification dans les trois équations ✔.

Rappel de cours : Pour une matrice carrée, AB = I suffit à garantir B = A⁻¹ (l'égalité BA = I est alors automatique). La résolution d'un système 3 × 3 se ramène ensuite à un seul produit matriciel.

Erreur fréquente : Se tromper de ligne ou de colonne dans un produit 3 × 3. La discipline « ligne de la première, colonne de la seconde » doit être appliquée pour chacun des neuf coefficients.

14

Exercice 14 — Suite couplée et matrices

Type contrôle

Deux suites qui se déterminent l'une l'autre s'écrivent naturellement sous forme matricielle.

On considère u₀ = 1, v₀ = 0 et, pour tout n, uₙ₊₁ = 2uₙ + vₙ ; vₙ₊₁ = uₙ + 2vₙ

  1. 1.Écrire le système sous la forme Xₙ₊₁ = AXₙ, puis exprimer Xₙ en fonction de A, n et X₀.
  2. 2.Étudier les suites sₙ = uₙ + vₙ et dₙ = uₙ - vₙ.
  3. 3.En déduire les expressions de uₙ et vₙ, puis vérifier pour n = 1 et n = 2.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    On pose Xₙ = uₙ ; vₙ.

    Le système s'écrit Xₙ₊₁ = AXₙ avec A = 2 1 ; 1 2.

  2. 2

    Contrôle : la première ligne du produit donne 2uₙ + vₙ ✔ et la seconde uₙ + 2vₙ ✔.

  3. 3

    Par récurrence immédiate, Xₙ = AⁿX₀ : tout revient donc à calculer Aⁿ.

  4. 4

    Plutôt que de calculer Aⁿ directement, on cherche des combinaisons de uₙ et vₙ qui évoluent simplement.

  5. 5

    Somme : sₙ₊₁ = uₙ₊₁ + vₙ₊₁ = (2uₙ + vₙ) + (uₙ + 2vₙ) = 3uₙ + 3vₙ = 3sₙ.

  6. 6

    La suite (sₙ) est donc GÉOMÉTRIQUE de raison 3, avec s₀ = u₀ + v₀ = 1.

  7. 7

    Donc sₙ = 3ⁿ.

  8. 8

    Différence : dₙ₊₁ = uₙ₊₁ - vₙ₊₁ = (2uₙ + vₙ) - (uₙ + 2vₙ) = uₙ - vₙ = dₙ.

  9. 9

    La suite (dₙ) est donc CONSTANTE, égale à d₀ = 1 - 0 = 1.

  10. 10

    On dispose maintenant de uₙ + vₙ = 3ⁿ et uₙ - vₙ = 1 : un système de deux équations à deux inconnues.

  11. 11

    En additionnant : 2uₙ = 3ⁿ + 1, donc uₙ = (3ⁿ + 1)/2.

  12. 12

    En soustrayant : 2vₙ = 3ⁿ - 1, donc vₙ = (3ⁿ - 1)/2.

  13. 13

    Vérification pour n = 1 : les formules donnent u₁ = 4/2 = 2 et v₁ = 2/2 = 1.

  14. 14

    Et par le système : u₁ = 2 × 1 + 0 = 2 ✔, v₁ = 1 + 2 × 0 = 1 ✔.

  15. 15

    Pour n = 2 : les formules donnent u₂ = 10/2 = 5 et v₂ = 8/2 = 4.

  16. 16

    Par le système : u₂ = 2 × 2 + 1 = 5 ✔ et v₂ = 2 + 2 × 1 = 4 ✔.

  17. 17

    Remarque : les nombres 3 et 1, raisons des deux suites auxiliaires, sont les VALEURS PROPRES de A — c'est ce que formalisera l'exercice 17.

Réponse : Xₙ₊₁ = AXₙ avec A = 2 1 ; 1 2, et Xₙ = AⁿX₀ · sₙ = 3ⁿ (géométrique) et dₙ = 1 (constante) · uₙ = (3ⁿ+1)/2 et vₙ = (3ⁿ-1)/2.

Rappel de cours : Deux suites couplées se traitent en cherchant des combinaisons uₙ ± vₙ qui deviennent géométriques ou constantes. On résout ensuite le petit système pour revenir à uₙ et vₙ.

Erreur fréquente : Chercher Aⁿ coefficient par coefficient dès le départ. Les combinaisons somme/différence donnent le résultat bien plus vite, et fournissent en prime les valeurs propres.

15

Exercice 15 — Binôme de Newton avec une matrice nilpotente

Type contrôle

Quand une matrice s'écrit A = I + N avec N nilpotente, le binôme de Newton s'applique — car I commute avec tout — et la somme s'arrête très vite.

On pose N = 0 1 0 ; 0 0 1 ; 0 0 0 et A = I₃ + N.

  1. 1.Calculer N² et N³.
  2. 2.Justifier que le binôme de Newton s'applique à Aⁿ = (I₃ + N)ⁿ.
  3. 3.En déduire Aⁿ pour n ≥ 2, et vérifier pour n = 2.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    N² = N × N.

    La matrice N décale les coefficients d'un cran vers la droite : son carré les décale de deux crans.

  2. 2

    Ligne 1 de N² : (0 × 0 + 1 × 0 + 0 × 0, 0 × 1 + 1 × 0 + 0 × 0, 0 × 0 + 1 × 1 + 0 × 0) = (0, 0, 1).

  3. 3

    Les lignes 2 et 3 donnent des zéros.

    Donc N² = 0 0 1 ; 0 0 0 ; 0 0 0.

  4. 4

    N³ = N² × N : le décalage sort du tableau, et N³ est la matrice NULLE.

    N est donc nilpotente d'ordre 3.

  5. 5

    Application du binôme : la formule (X+Y)ⁿ = Σ C(n, k) X^(k)Y^(n-k) exige que X et Y COMMUTENT.

  6. 6

    Ici X = I₃ et Y = N : or l'identité commute avec toute matrice, donc I₃N = NI₃ = N ✔.

    Le binôme s'applique.

  7. 7

    Il donne Aⁿ = (I₃ + N)ⁿ = Σ_k=0ⁿ C(n, k) N^(k), puisque toutes les puissances de I₃ valent I₃.

  8. 8

    Mais N^(k) = 0 dès que k ≥ 3 : la somme se réduit à ses trois premiers termes.

  9. 9

    Aⁿ = C(n, 0) I₃ + C(n, 1) N + C(n, 2) N² = I₃ + nN + (n(n-1))/2N².

  10. 10

    Explicitement : Aⁿ = 1 n (n(n-1))/2 ; 0 1 n ; 0 0 1.

  11. 11

    Vérification pour n = 2.

    La formule donne 1 2 1 ; 0 1 2 ; 0 0 1.

  12. 12

    Calcul direct de A² avec A = 1 1 0 ; 0 1 1 ; 0 0 1 : ligne 1 donne (1, 1+1, 0+1) = (1, 2, 1) ✔.

  13. 13

    Ligne 2 : (0, 1, 2) ✔.

    Ligne 3 : (0, 0, 1) ✔.

    La formule est confirmée.

  14. 14

    Contrôle supplémentaire pour n = 3 : la formule prédit un coefficient (3 × 2)/2 = 3 en haut à droite, ce que donne bien A³ = A²A.

Réponse : N² = 0 0 1 ; 0 0 0 ; 0 0 0 et N³ = 0 · le binôme s'applique car I₃ commute avec N · Aⁿ = I₃ + nN + (n(n-1))/2N² = 1 n (n(n-1))/2 ; 0 1 n ; 0 0 1.

Rappel de cours : Binôme de Newton matriciel : valable UNIQUEMENT si les deux matrices commutent. Avec A = I + N et N nilpotente, la somme est finie — c'est la méthode la plus rapide pour ce type de matrice.

Erreur fréquente : Appliquer le binôme à (A + B)ⁿ sans vérifier que AB = BA. Sans cette hypothèse, la formule est fausse dès l'exposant 2 (exercice 3).

16

Exercice 16 — Diagonalisation et puissances n-ièmes

Type bac / défi

La méthode générale pour calculer Aⁿ consiste à écrire A = PDP⁻¹ avec D diagonale.

On reprend A = 2 1 ; 1 2, et l'on pose P = 1 1 ; 1 -1.

  1. 1.Calculer P⁻¹.
  2. 2.Vérifier que P⁻¹AP = D avec D = 3 0 ; 0 1.
  3. 3.Démontrer que Aⁿ = PDⁿP⁻¹, puis calculer Aⁿ.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    det P = 1 × (-1) - 1 × 1 = -2 ≠ 0 : P est inversible.

  2. 2

    Par la formule : P⁻¹ = 1/(-2) -1 -1 ; -1 1 = 1/2 1/2 ; 1/2 -1/2.

  3. 3

    Vérification : PP⁻¹ a pour coefficient haut gauche 1 × 1/2 + 1 × 1/2 = 1 ✔ et haut droite 1 × 1/2 + 1 × (-1/2) = 0 ✔.

  4. 4

    Calculons AP d'abord : 2 1 ; 1 2 1 1 ; 1 -1.

  5. 5

    Haut gauche : 2 + 1 = 3.

    Haut droite : 2 - 1 = 1.

    Bas gauche : 1 + 2 = 3.

    Bas droite : 1 - 2 = -1.

  6. 6

    Donc AP = 3 1 ; 3 -1.

  7. 7

    Puis P⁻¹(AP) = 1/2 1/2 ; 1/2 -1/2 3 1 ; 3 -1.

  8. 8

    Haut gauche : 3/2 + 3/2 = 3.

    Haut droite : 1/2 - 1/2 = 0.

  9. 9

    Bas gauche : 3/2 - 3/2 = 0.

    Bas droite : 1/2 + 1/2 = 1.

  10. 10

    Donc P⁻¹AP = 3 0 ; 0 1 = D ✔.

  11. 11

    De cette égalité on tire A = PDP⁻¹, en multipliant à gauche par P et à droite par P⁻¹.

  12. 12

    Démontrons Aⁿ = PDⁿP⁻¹ par récurrence.

    INITIALISATION : pour n = 1, c'est l'égalité A = PDP⁻¹ ✔.

  13. 13

    HÉRÉDITÉ : si Aⁿ = PDⁿP⁻¹, alors Aⁿ⁺¹ = AⁿA = PDⁿP⁻¹ × PDP⁻¹.

  14. 14

    Le produit P⁻¹P au centre vaut I et disparaît : Aⁿ⁺¹ = PDⁿDP⁻¹ = PDⁿ⁺¹P⁻¹ ✔.

  15. 15

    C'est tout l'intérêt de la méthode : les P⁻¹P intermédiaires se télescopent, et il ne reste que la puissance de D — immédiate à calculer.

  16. 16

    Dⁿ = 3ⁿ 0 ; 0 1.

    On calcule PDⁿ = 3ⁿ 1 ; 3ⁿ -1.

  17. 17

    Puis Aⁿ = PDⁿP⁻¹ = 3ⁿ 1 ; 3ⁿ -1 1/2 1/2 ; 1/2 -1/2.

  18. 18

    Haut gauche : 3ⁿ/2 + 1/2 = (3ⁿ+1)/2.

    Haut droite : 3ⁿ/2 - 1/2 = (3ⁿ-1)/2.

  19. 19

    Bas gauche : 3ⁿ/2 - 1/2 = (3ⁿ-1)/2.

    Bas droite : 3ⁿ/2 + 1/2 = (3ⁿ+1)/2.

  20. 20

    Donc Aⁿ = 1/2 3ⁿ+1 3ⁿ-1 ; 3ⁿ-1 3ⁿ+1.

  21. 21

    Contrôle avec l'exercice 15 : Xₙ = AⁿX₀ avec X₀ = 1 ; 0 donne la première colonne de Aⁿ, soit uₙ = (3ⁿ+1)/2 et vₙ = (3ⁿ-1)/2 ✔ — exactement les formules trouvées autrement.

Réponse : P⁻¹ = 1/2 1/2 ; 1/2 -1/2 · P⁻¹AP = 3 0 ; 0 1 ✔ · Aⁿ = PDⁿP⁻¹ = 1/2 3ⁿ+1 3ⁿ-1 ; 3ⁿ-1 3ⁿ+1.

Rappel de cours : A = PDP⁻¹ ⇒ Aⁿ = PDⁿP⁻¹, la démonstration reposant sur le télescopage des P⁻¹P. C'est la seule méthode qui se généralise à toutes les matrices diagonalisables.

Erreur fréquente : Écrire Aⁿ = PⁿDⁿ(P⁻¹)ⁿ. C'est faux : seuls les facteurs centraux se simplifient, et P reste au bord.

17

Exercice 17 — Fibonacci en matrices

Type bac / défi

La suite de Fibonacci est définie par F₀ = 0, F₁ = 1 et Fₙ₊₂ = Fₙ₊₁ + Fₙ.

On pose A = 1 1 ; 1 0.

  1. 1.Vérifier que A Fₙ₊₁ ; Fₙ = Fₙ₊₂ ; Fₙ₊₁.
  2. 2.Démontrer par récurrence que Aⁿ = Fₙ₊₁ Fₙ ; Fₙ Fₙ₋₁ pour n ≥ 1.
  3. 3.En déduire l'identité Fₙ₊₁Fₙ₋₁ - Fₙ² = (-1)ⁿ.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Calculons le produit : première ligne, 1 × Fₙ₊₁ + 1 × Fₙ = Fₙ₊₁ + Fₙ.

  2. 2

    Or la relation de récurrence donne exactement Fₙ₊₁ + Fₙ = Fₙ₊₂ ✔.

  3. 3

    Seconde ligne : 1 × Fₙ₊₁ + 0 × Fₙ = Fₙ₊₁ ✔.

  4. 4

    Le produit vaut donc Fₙ₊₂ ; Fₙ₊₁ : multiplier par A fait avancer la suite d'un cran.

  5. 5

    Démonstration de la formule des puissances.

    INITIALISATION : pour n = 1, la formule donne F₂ F₁ ; F₁ F₀ = 1 1 ; 1 0 = A ✔ (avec F₂ = 1).

  6. 6

    HÉRÉDITÉ : supposons Aⁿ = Fₙ₊₁ Fₙ ; Fₙ Fₙ₋₁.

  7. 7

    Alors Aⁿ⁺¹ = AⁿA = Fₙ₊₁ Fₙ ; Fₙ Fₙ₋₁ 1 1 ; 1 0.

  8. 8

    Haut gauche : Fₙ₊₁ + Fₙ = Fₙ₊₂ ✔.

    Haut droite : Fₙ₊₁ × 1 + Fₙ × 0 = Fₙ₊₁ ✔.

  9. 9

    Bas gauche : Fₙ + Fₙ₋₁ = Fₙ₊₁ ✔.

    Bas droite : Fₙ ✔.

  10. 10

    On obtient Aⁿ⁺¹ = Fₙ₊₂ Fₙ₊₁ ; Fₙ₊₁ Fₙ, qui est bien la formule au rang n+1.

  11. 11

    CONCLUSION : la formule est vraie pour tout n ≥ 1.

  12. 12

    Contrôle : A⁵ devrait valoir F₆ F₅ ; F₅ F₄ = 8 5 ; 5 3, avec la suite 0, 1, 1, 2, 3, 5, 8 ✔.

  13. 13

    Troisième question : on utilise la propriété det(Aⁿ) = (det A)ⁿ.

  14. 14

    D'une part, det A = 1 × 0 - 1 × 1 = -1, donc det(Aⁿ) = (-1)ⁿ.

  15. 15

    D'autre part, en calculant le déterminant sur la forme explicite : det(Aⁿ) = Fₙ₊₁Fₙ₋₁ - Fₙ × Fₙ = Fₙ₊₁Fₙ₋₁ - Fₙ².

  16. 16

    En égalant les deux expressions : Fₙ₊₁Fₙ₋₁ - Fₙ² = (-1)ⁿ.

    C'est l'identité de Cassini.

  17. 17

    Vérification pour n = 5 : F₆F₄ - F₅² = 8 × 3 - 25 = -1 = (-1)⁵ ✔.

  18. 18

    Vérification pour n = 6 : F₇F₅ - F₆² = 13 × 5 - 64 = 1 = (-1)⁶ ✔.

  19. 19

    Remarquable : une identité sur les entiers de Fibonacci sort d'un simple calcul de déterminant.

Réponse : A Fₙ₊₁ ; Fₙ = Fₙ₊₂ ; Fₙ₊₁ par la relation de récurrence · Aⁿ = Fₙ₊₁ Fₙ ; Fₙ Fₙ₋₁ · et det(Aⁿ) = (det A)ⁿ donne Fₙ₊₁Fₙ₋₁ - Fₙ² = (-1)ⁿ.

Rappel de cours : det(AB) = det A × det B, donc det(Aⁿ) = (det A)ⁿ. Appliquée à une matrice dont les coefficients sont des termes de suite, cette propriété fournit des identités gratuites.

Erreur fréquente : Oublier que F₀ = 0 dans l'initialisation. Le coefficient en bas à droite de A¹ doit valoir F₀ = 0, ce qui cale correctement les indices.

18

Exercice 18 — Problème type bac : un modèle d'évolution

Type bac / défi

Deux villes A et B se partagent une population totale constante de 100 000 habitants.

Chaque année, 10 % des habitants de A partent vers B, et 20 % des habitants de B partent vers A.

Au départ, A compte 60 000 habitants et B en compte 40 000.

On note aₙ et bₙ les effectifs après n années.

  1. 1.Écrire le système donnant aₙ₊₁ et bₙ₊₁, puis la matrice M telle que Xₙ₊₁ = MXₙ.
  2. 2.Calculer X₁ et X₂.
  3. 3.Déterminer l'état stable, c'est-à-dire le vecteur X tel que MX = X avec a + b = 100 000.
  4. 4.Vérifier que la population totale est bien constante.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    Après un an, la ville A conserve 90 % de ses habitants et reçoit 20 % de ceux de B : aₙ₊₁ = 0,9aₙ + 0,2bₙ.

  2. 2

    Symétriquement, B conserve 80 % des siens et reçoit 10 % de ceux de A : bₙ₊₁ = 0,1aₙ + 0,8bₙ.

  3. 3

    En posant Xₙ = aₙ ; bₙ, on obtient Xₙ₊₁ = MXₙ avec M = 0,9 0,2 ; 0,1 0,8.

  4. 4

    Contrôle de cohérence : chaque colonne de M a pour somme 1 (0,9 + 0,1 et 0,2 + 0,8) — c'est ce qui traduira la conservation de la population.

  5. 5

    Calcul de X₁ : a₁ = 0,9 × 60 000 + 0,2 × 40 000 = 54 000 + 8 000 = 62 000.

  6. 6

    b₁ = 0,1 × 60 000 + 0,8 × 40 000 = 6 000 + 32 000 = 38 000.

  7. 7

    Donc X₁ = 62 000 ; 38 000, et le total vaut bien 100 000 ✔.

  8. 8

    Calcul de X₂ : a₂ = 0,9 × 62 000 + 0,2 × 38 000 = 55 800 + 7 600 = 63 400.

  9. 9

    b₂ = 0,1 × 62 000 + 0,8 × 38 000 = 6 200 + 30 400 = 36 600.

  10. 10

    Donc X₂ = 63 400 ; 36 600, total 100 000 ✔.

    La ville A gagne des habitants, de moins en moins vite.

  11. 11

    État stable : on cherche X = a ; b vérifiant MX = X, c'est-à-dire 0,9a + 0,2b = a et 0,1a + 0,8b = b.

  12. 12

    La première équation donne 0,2b = 0,1a, soit a = 2b.

  13. 13

    La seconde donne 0,1a = 0,2b, soit la même relation : les deux équations sont équivalentes, ce qui est normal — la population totale étant conservée, une seule information est nouvelle.

  14. 14

    C'est la contrainte a + b = 100 000 qui lève l'indétermination : avec a = 2b, on obtient 3b = 100 000.

  15. 15

    Donc b = (100 000)/3 ≈ 33 333 et a = (200 000)/3 ≈ 66 667.

  16. 16

    Vérification : 0,9 × (200 000)/3 + 0,2 × (100 000)/3 = (180 000 + 20 000)/3 = (200 000)/3 ✔, l'état est bien invariant.

  17. 17

    Cohérence avec les calculs : a₀ = 60 000, a₁ = 62 000, a₂ = 63 400 — la suite croît vers 66 667 ✔.

  18. 18

    Conservation de la population : aₙ₊₁ + bₙ₊₁ = (0,9aₙ + 0,2bₙ) + (0,1aₙ + 0,8bₙ) = aₙ + bₙ.

  19. 19

    Le total est donc constant, égal à 100 000 pour tout n ✔ — conséquence directe du fait que chaque colonne de M a pour somme 1.

Réponse : M = 0,9 0,2 ; 0,1 0,8 · X₁ = 62 000 ; 38 000, X₂ = 63 400 ; 36 600 · état stable a = (200 000)/3 ≈ 66 667 et b = (100 000)/3 ≈ 33 333 · la population totale reste 100 000.

Rappel de cours : Dans une matrice de transition, chaque colonne a pour somme 1 : la quantité totale se conserve. L'état stable est le vecteur invariant MX = X, déterminé par la contrainte de total.

Erreur fréquente : Croire que le système MX = X suffit à déterminer l'état stable. Ses deux équations sont proportionnelles : il FAUT ajouter la contrainte a + b = 100 000.

19

Exercice 19 — Problème de synthèse : de la matrice à la formule explicite

Type bac / défi

On considère les suites définies par u₀ = 3, v₀ = 1 et uₙ₊₁ = 3uₙ - vₙ ; vₙ₊₁ = -uₙ + 3vₙ Le problème enchaîne les trois techniques du chapitre : écriture matricielle, diagonalisation, puis retour aux suites.

  1. 1.Écrire Xₙ₊₁ = AXₙ et calculer X₁, X₂.
  2. 2.Montrer que sₙ = uₙ + vₙ et dₙ = uₙ - vₙ sont géométriques, et donner leurs expressions.
  3. 3.En déduire uₙ et vₙ, puis Aⁿ.
  4. 4.Déterminer la limite de uₙ/vₙ.
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    En posant Xₙ = uₙ ; vₙ, le système s'écrit Xₙ₊₁ = AXₙ avec A = 3 -1 ; -1 3.

  2. 2

    X₁ : u₁ = 3 × 3 - 1 = 8 et v₁ = -3 + 3 × 1 = 0.

    Donc X₁ = 8 ; 0.

  3. 3

    X₂ : u₂ = 3 × 8 - 0 = 24 et v₂ = -8 + 0 = -8.

    Donc X₂ = 24 ; -8.

  4. 4

    Somme : sₙ₊₁ = uₙ₊₁ + vₙ₊₁ = (3uₙ - vₙ) + (-uₙ + 3vₙ) = 2uₙ + 2vₙ = 2sₙ.

  5. 5

    (sₙ) est donc géométrique de raison 2, avec s₀ = 3 + 1 = 4 : sₙ = 4 × 2ⁿ = 2ⁿ⁺².

  6. 6

    Différence : dₙ₊₁ = (3uₙ - vₙ) - (-uₙ + 3vₙ) = 4uₙ - 4vₙ = 4dₙ.

  7. 7

    (dₙ) est géométrique de raison 4, avec d₀ = 3 - 1 = 2 : dₙ = 2 × 4ⁿ.

  8. 8

    Contrôle sur n = 1 : s₁ = 8 + 0 = 8 = 2³ ✔ et d₁ = 8 - 0 = 8 = 2 × 4 ✔.

  9. 9

    On résout le petit système.

    En additionnant : 2uₙ = sₙ + dₙ = 2ⁿ⁺² + 2 × 4ⁿ, donc uₙ = 2ⁿ⁺¹ + 4ⁿ.

  10. 10

    En soustrayant : 2vₙ = sₙ - dₙ = 2ⁿ⁺² - 2 × 4ⁿ, donc vₙ = 2ⁿ⁺¹ - 4ⁿ.

  11. 11

    Vérification pour n = 1 : u₁ = 4 + 4 = 8 ✔ et v₁ = 4 - 4 = 0 ✔.

  12. 12

    Pour n = 2 : u₂ = 8 + 16 = 24 ✔ et v₂ = 8 - 16 = -8 ✔.

  13. 13

    Pour Aⁿ, on refait le même raisonnement avec un vecteur initial quelconque u₀ ; v₀.

  14. 14

    On obtient sₙ = 2ⁿ(u₀+v₀) et dₙ = 4ⁿ(u₀-v₀), d'où uₙ = (2ⁿ(u₀+v₀) + 4ⁿ(u₀-v₀))/2.

  15. 15

    En regroupant selon u₀ et v₀ : uₙ = (4ⁿ+2ⁿ)/2u₀ + (2ⁿ-4ⁿ)/2v₀, et symétriquement pour vₙ.

  16. 16

    Donc Aⁿ = 1/2 4ⁿ+2ⁿ 2ⁿ-4ⁿ ; 2ⁿ-4ⁿ 4ⁿ+2ⁿ.

  17. 17

    Contrôle pour n = 1 : la formule donne 1/2 6 -2 ; -2 6 = 3 -1 ; -1 3 = A ✔.

  18. 18

    Dernière question : uₙ/vₙ = (2ⁿ⁺¹ + 4ⁿ)/(2ⁿ⁺¹ - 4ⁿ).

    On factorise par le terme DOMINANT, 4ⁿ.

  19. 19

    uₙ/vₙ = (4ⁿ(2ⁿ⁺¹/4ⁿ + 1))/(4ⁿ(2ⁿ⁺¹/4ⁿ - 1)) = (2(1/2)ⁿ + 1)/(2(1/2)ⁿ - 1), puisque 2ⁿ⁺¹/4ⁿ = 2 × (2/4)ⁿ = 2(1/2)ⁿ.

  20. 20

    Comme (1/2)ⁿ → 0, le quotient tend vers (0 + 1)/(0 - 1) = -1.

  21. 21

    Donc lim_n → +∞ uₙ/vₙ = -1.

  22. 22

    Interprétation : 4ⁿ l'emporte sur 2ⁿ, et il apparaît avec des signes opposés dans uₙ et vₙ — les deux suites divergent en sens contraires, à la même vitesse.

  23. 23

    Contrôle numérique : u₅/v₅ = (64 + 1024)/(64 - 1024) = 1088/(-960) ≈ -1,13, et u₁₀/v₁₀ = (2048 + 1 048 576)/(2048 - 1 048 576) ≈ -1,004 ✔ : la convergence vers -1 est nette.

Réponse : A = 3 -1 ; -1 3, X₁ = 8 ; 0, X₂ = 24 ; -8 · sₙ = 2ⁿ⁺² et dₙ = 2 × 4ⁿ · uₙ = 2ⁿ⁺¹ + 4ⁿ, vₙ = 2ⁿ⁺¹ - 4ⁿ · Aⁿ = 1/2 4ⁿ+2ⁿ 2ⁿ-4ⁿ ; 2ⁿ-4ⁿ 4ⁿ+2ⁿ · lim uₙ/vₙ = -1.

Rappel de cours : Chaîne complète : système couplé → écriture matricielle → combinaisons u ± v géométriques (dont les raisons sont les valeurs propres) → formules explicites → puissance Aⁿ → limites par factorisation du terme dominant.

Erreur fréquente : Chercher la limite sans factoriser le terme dominant. Les deux suites tendent vers l'infini : le quotient est une forme indéterminée tant que 4ⁿ n'a pas été mis en facteur.

20

Exercice 20 — La matrice d'un quart de tour, un « i » matriciel

Type bac / défi

Soit J= 0 -1 ; 1 0, matrice de la rotation d'un quart de tour.

  1. 1.Calculer J², J³ et J⁴. Interpréter géométriquement.
  2. 2.En déduire que J est inversible et donner J⁻¹.
  3. 3.Calculer J²⁰²⁶.
  4. 4.On pose M=I₂+J. Calculer M², puis M⁸. Quel lien avec le nombre complexe 1+i ?
Voir la correction

Correction détaillée

  1. 1

    1) J²= 0× 0+(-1)× 1 0×(-1)+(-1)× 0 ; 1× 0+0× 1 1×(-1)+0× 0 = -1 0 ; 0 -1 =-I₂.

  2. 2

    J³=J²J=-J et J⁴=(J²)²=I₂.

    Deux quarts de tour font un demi-tour (-I₂), quatre font un tour complet (I₂).

  3. 3

    2) J× J³=J⁴=I₂ : J est inversible et J⁻¹=J³=-J= 0 1 ; -1 0 (le quart de tour dans l'autre sens).

  4. 4

    3) 2026=4× 506+2, donc J²⁰²⁶=(J⁴)⁵⁰⁶J²=J²=-I₂.

  5. 5

    4) I₂ et J commutent, donc M²=I₂+2J+J²=I₂+2J-I₂=2J.

    Puis M⁸=(M²)⁴=(2J)⁴=16J⁴=16I₂.

  6. 6

    J se comporte comme i (J²=-I₂, comme i²=-1) : on retrouve (1+i)²=2i et (1+i)⁸=16.

Réponse : J²=-I₂, J⁴=I₂ ; J⁻¹=-J ; J²⁰²⁶=-I₂ ; M⁸=16I₂.

Rappel de cours : Si A^(k)=I, alors A est inversible d'inverse A^(k-1), et les puissances de A se répètent avec la période k.

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