PGCD, théorème de Bézout, théorème de Gauss en Maths expertes : cours complet
Le PGCD (Plus Grand Commun Diviseur), le théorème de Bézout et le théorème de Gauss sont les outils centraux de l'arithmétique : ils permettent de résoudre les équations diophantiennes et fondent la cryptographie.
PGCD
Définition
Le PGCD de deux entiers a,ba, b non tous nuls est le plus grand entier positif qui divise à la fois aa et bb. Noté gcd(a,b)gcd(a, b) ou a∧ba wedge b.
Algorithme d'Euclide
gcd(a,b)=gcd(b,r)gcd(a, b) = gcd(b, r)
où rr est le reste de la division de aa par bb. On répète jusqu'à reste nul.
Exemple
gcd(252,198)gcd(252, 198) :
252=198×1+54252 = 198 × 1 + 54
198=54×3+36198 = 54 × 3 + 36
54=36×1+1854 = 36 × 1 + 18
36=18×2+036 = 18 × 2 + 0
Dernier reste non nul : 1818. Donc gcd(252,198)=18gcd(252, 198) = 18.
Propriétés
- gcd(a,0)=∣a∣gcd(a, 0) = |a|.
- gcd(a,b)=gcd(b,a)gcd(a, b) = gcd(b, a).
- gcd(a,b)=gcd(a,b−a)gcd(a, b) = gcd(a, b - a) (algorithme par soustraction).
- a∣b⟺gcd(a,b)=∣a∣a | b ⇔ gcd(a, b) = |a|.
Théorème de Bézout
Énoncé
Pour tous entiers a,ba, b non tous nuls, il existe des entiers u,vu, v tels que :
au+bv=gcd(a,b)au + bv = gcd(a, b)
Coefficients de Bézout
Les entiers u,vu, v ne sont pas uniques, on en trouve avec l'algorithme d'Euclide étendu.
Corollaire (Bézout fort)
gcd(a,b)=1⟺∃u,v:au+bv=1gcd(a, b) = 1 ⇔ ∃ u, v : au + bv = 1
Cette équivalence est très utilisée.
Nombres premiers entre eux
Définition
aa et bb sont premiers entre eux si gcd(a,b)=1gcd(a, b) = 1.
Exemples
- 66 et 3535 : gcd=1gcd = 1, premiers entre eux.
- 1212 et 1818 : gcd=6gcd = 6, non premiers entre eux.
Théorème de Gauss
Énoncé
Soient a,b,ca, b, c entiers. Si a∣bca | bc et gcd(a,b)=1gcd(a, b) = 1, alors a∣ca | c.
Application
C'est l'outil principal pour résoudre des équations diophantiennes.
Équations diophantiennes
Forme
ax+by=c(a,b,c∈Z)ax + by = c (a, b, c ∈ ℤ)
Existence de solutions
Cette équation admet des solutions ssi gcd(a,b)∣cgcd(a, b) | c.
Si solutions, méthode
- Calculer d=gcd(a,b)d = gcd(a, b).
- Diviser : a′x+b′y=c′a' x + b' y = c' avec a′=a/da' = a/d, b′=b/db' = b/d, c′=c/dc' = c/d (et gcd(a′,b′)=1gcd(a', b') = 1).
- Trouver une solution particulière (x0,y0)(x₀, y₀) via Bézout.
- Solutions générales :
x=x0+b′k;y=y0−a′k(k∈Z)x = x₀ + b' k ; y = y₀ - a' k (k ∈ ℤ)
Exemple
Résoudre 5x+3y=15x + 3y = 1 dans Z2ℤ².
- gcd(5,3)=1gcd(5, 3) = 1, donc solutions existent.
- 5×2+3×(−3)=10−9=15 × 2 + 3 × (-3) = 10 - 9 = 1 → (x0,y0)=(2,−3)(x₀, y₀) = (2, -3).
- Solutions : x=2+3kx = 2 + 3k, y=−3−5ky = -3 - 5k.
PPCM
Définition
ppcm(a,b)=gcd(a,b)∣ab∣ppcm (a, b) = |ab|/(gcd(a, b))
C'est le plus petit multiple commun positif de aa et bb.
Exemple
ppcm(12,18)=6216=36ppcm (12, 18) = 216/6 = 36.
Algorithme d'Euclide étendu
Pour trouver u,vu, v tels que au+bv=gcd(a,b)au + bv = gcd(a, b).
def euclide_etendu(a, b):
if b == 0:
return (a, 1, 0)
g, u1, v1 = euclide_etendu(b, a % b)
return (g, v1, u1 - (a // b) * v1)
Applications
Cryptographie RSA
RSA repose sur le petit théorème de Fermat et sur la difficulté de factoriser des produits de grands nombres premiers.
Fractions irréductibles
Pour rendre baa/b irréductible, on divise par gcd(a,b)gcd(a, b).
Modélisation
Réseaux, partage équitable, périodes synchronisées.
Erreurs fréquentes à éviter
- Mauvais Euclide : bien remplacer a,ba, b par b,rb, r.
- Bézout non unique : il y a une infinité de couples (u,v)(u, v) qui marchent.
- Confondre PGCD et PPCM.
- Oublier la condition gcd∣cgcd | c dans les équations diophantiennes.
FAQ — PGCD, Bézout, Gauss
Pourquoi l'algorithme d'Euclide est-il rapide ?
Il converge en O(log(min(a,b)))O(log(min(a, b))) étapes, ce qui est très efficace même pour de très grands nombres.
À quoi sert Bézout ?
À prouver l'existence de solutions à des équations diophantiennes et à construire ces solutions.
Le théorème de Gauss est-il aussi puissant qu'Euclide ?
C'est un complément : Euclide trouve les diviseurs, Gauss permet de déduire des divisibilités.
Quel lien entre PGCD et PPCM ?
gcd(a,b)×ppcm(a,b)=∣a×b∣gcd(a, b) × ppcm (a, b) = |a × b|
C'est l'identité clé.