Fonctions polynômes du second degré en Première STMG : cours complet
Une fonction polynôme du second degré s'écrit f(x)=ax2+bx+cf(x) = ax² + bx + c, avec a=0a ≠ 0. Sa courbe est une parabole. En Première STMG, on étudie son allure, son axe de symétrie, son sommet, ses racines et son signe, sans aucune formule à apprendre : tout se déduit de la symétrie et de la forme factorisée.
Trois écritures à reconnaître
| Écriture |
Exemple |
Ce qu'elle montre |
| ax2ax² |
f(x)=2x2f(x) = 2x² |
sommet à l'origine |
| ax2+cax² + c |
f(x)=−3x2+12f(x) = -3x² + 12 |
sommet (0;c)(0 ; c), symétrie par rapport à l'axe des ordonnées |
| a(x−x1)(x−x2)a(x - x₁)(x - x₂) |
f(x)=2(x−1)(x−7)f(x) = 2(x - 1)(x - 7) |
racines x1x₁ et x2x₂ |
Allure de la parabole
- Si a>0a > 0, la parabole est tournée vers le haut : la fonction est décroissante puis croissante, son sommet est un minimum.
- Si a<0a < 0, la parabole est tournée vers le bas : la fonction est croissante puis décroissante, son sommet est un maximum.
Attention à l'écriture : dans f(x)=7−x2f(x) = 7 - x², le coefficient de x2x² est a=−1a = -1.
Taux de variation
Le taux de variation de ff entre deux nombres x1x₁ et x2x₂ est
x2−x1f(x2)−f(x1)(f(x₂) - f(x₁))/(x₂ - x₁)
C'est le coefficient directeur de la sécante qui passe par les points de la courbe d'abscisses x1x₁ et x2x₂. S'il est positif, f(x2)>f(x1)f(x₂) > f(x₁) ; s'il est négatif, f(x2)<f(x1)f(x₂) < f(x₁).
Exemple : pour un coût C(q)=0,2q2+15q+500C(q) = 0,2q² + 15q + 500, C(20)=880C(20) = 880 et C(30)=1130C(30) = 1130, donc le taux de variation vaut 101130−880=25(1130 - 880)/10 = 25 : entre 2020 et 3030 objets, chaque objet supplémentaire coûte en moyenne 2525 €.
Axe de symétrie et sommet, sans formule
La parabole est symétrique par rapport à une droite verticale, son axe. Deux nombres qui ont la même image sont symétriques par rapport à cet axe :
f(x1)=f(x2)⟹axe : x=2x1+x2f(x₁) = f(x₂) ⇒ axe : x = (x₁ + x₂)/2
Pour trouver deux nombres de même image :
- avec une forme factorisée, on prend les deux racines ;
- avec ax2+bx+cax² + bx + c, on résout f(x)=cf(x) = c, qui se ramène à x(ax+b)=0x(ax + b) = 0.
Le sommet a pour abscisse celle de l'axe, et pour ordonnée son image.
Exemple 1
f(x)=2(x−1)(x−7)f(x) = 2(x - 1)(x - 7) : racines 11 et 77, axe x=4x = 4, sommet (4;f(4))=(4;−18)(4 ; f(4)) = (4 ; -18). Comme a=2>0a = 2 > 0, c'est un minimum.
Exemple 2
f(x)=−x2+8x−7f(x) = -x² + 8x - 7 : f(0)=−7f(0) = -7, et f(x)=−7⟺x(−x+8)=0⟺x=0f(x) = -7 ⇔ x(-x + 8) = 0 ⇔ x = 0 ou x=8x = 8. L'axe est x=4x = 4 et f(4)=9f(4) = 9. Comme a=−1<0a = -1 < 0, 99 est le maximum.
| xx |
−∞-∞ |
|
44 |
|
+∞+∞ |
| f(x)f(x) |
|
↗ |
99 |
↘ |
|
Racines et forme factorisée
Une racine de ff est un nombre rr tel que f(r)=0f(r) = 0 : c'est l'abscisse d'un point où la courbe coupe l'axe des abscisses.
Sur une forme factorisée, on lit les racines grâce à la règle du produit nul :
a(x−x1)(x−x2)=0⟺x=x1 ou x=x2a(x - x₁)(x - x₂) = 0 ⇔ x = x₁ ou x = x₂
Attention aux signes : x+3x + 3 s'annule en −3-3.
Vérifier qu'un nombre est racine
On remplace : pour f(x)=x2−5x+6f(x) = x² - 5x + 6, f(2)=4−10+6=0f(2) = 4 - 10 + 6 = 0, donc 22 est une racine.
Factoriser dans les cas simples
| Situation |
Factorisation |
| pas de terme constant |
ax2+bx=x(ax+b)ax² + bx = x(ax + b) |
| différence de deux carrés |
x2−k2=(x−k)(x+k)x² - k² = (x - k)(x + k) |
| une racine rr de x2+bx+cx² + bx + c est connue |
(x−r)(x−s)(x - r)(x - s), avec r×s=cr × s = c |
Exemple : x2−x−6x² - x - 6 admet la racine 33 ; le produit des racines vaut −6-6, donc l'autre est −2-2, et x2−x−6=(x−3)(x+2)x² - x - 6 = (x - 3)(x + 2). On contrôle toujours en développant.
Quand aucune racine n'est évidente, on peut en chercher une valeur approchée par balayage (tableau de valeurs, programme) ou avec un solveur.
Signe d'une forme factorisée
Le signe de a(x−x1)(x−x2)a(x - x₁)(x - x₂), avec x1<x2x₁ < x₂, se lit dans un tableau de signes :
| xx |
−∞-∞ |
|
x1x₁ |
|
x2x₂ |
|
+∞+∞ |
| (x−x1)(x−x2)(x - x₁)(x - x₂) |
|
++ |
00 |
−- |
00 |
++ |
|
À retenir : le polynôme est du signe de aa à l'extérieur des racines, du signe contraire entre elles.
Résoudre une inéquation
- Tout ramener dans un membre : f(x)⩽k⟺f(x)−k⩽0f(x) ≤ k ⇔ f(x) - k ≤ 0.
- Factoriser.
- Dresser le tableau de signes et lire les intervalles.
Exemple : x2+2x⩽8⟺x2+2x−8⩽0⟺(x−2)(x+4)⩽0x² + 2x ≤ 8 ⇔ x² + 2x - 8 ≤ 0 ⇔ (x - 2)(x + 4) ≤ 0, donc x∈[−4;2]x ∈ [-4 ; 2].
On peut aussi résoudre graphiquement : les solutions de f(x)<kf(x) < k sont les abscisses des points de la courbe situés sous la droite d'équation y=ky = k.
Application : bénéfice et zone de rentabilité
Une entreprise vend chaque article 120120 € et produire qq articles coûte C(q)=2q2+20q+800C(q) = 2q² + 20q + 800 €. Son bénéfice est
B(q)=120q−C(q)=−2q2+100q−800=−2(q−10)(q−40)B(q) = 120q - C(q) = -2q² + 100q - 800 = -2(q - 10)(q - 40)
- Seuils de rentabilité : les racines, 1010 et 4040 articles.
- Zone de rentabilité : a=−2<0a = -2 < 0, donc B(q)⩾0B(q) ≥ 0 entre les racines, pour q∈[10;40]q ∈ [10 ; 40].
- Bénéfice maximal : au milieu des racines, q=25q = 25, avec B(25)=−2×15×(−15)=450B(25) = -2 × 15 × (-15) = 450 €.
Erreurs fréquentes à éviter
- Prendre une racine pour le sommet : le maximum est au milieu des racines, pas sur l'une d'elles.
- Se tromper de signe : les racines de 2(x+3)(x−4)2(x + 3)(x - 4) sont −3-3 et 44.
- Diviser par xx dans une inéquation : on ne connaît pas son signe ; on factorise.
- Oublier de changer le sens d'une inégalité quand on la divise par un nombre négatif.
- Utiliser un modèle hors de son domaine : une quantité ou un prix restent positifs.
FAQ — Second degré en Première STMG
Faut-il connaître la formule du sommet ou le discriminant ?
Non. En Première STMG, aucune formule n'est attendue : on trouve l'axe de symétrie au milieu de deux nombres de même image (les racines, ou les solutions de f(x)=cf(x) = c), et le discriminant n'est pas au programme.
Comment savoir si le sommet est un maximum ou un minimum ?
Par le signe de aa : maximum si a<0a < 0 (parabole tournée vers le bas), minimum si a>0a > 0.
Comment trouver un seuil de rentabilité ?
On écrit le bénéfice sous forme factorisée : ses racines sont les quantités pour lesquelles le bénéfice est nul, et la zone de rentabilité se lit dans le tableau de signes.
À quoi sert le taux de variation ?
À mesurer la variation moyenne d'une grandeur entre deux valeurs : par exemple, le coût moyen de chaque objet supplémentaire entre deux niveaux de production.