Suites numériques (introduction) en Première générale : cours complet
Une suite numérique est une succession ordonnée de nombres. En Première générale, tu découvres les suites arithmétiques et géométriques, leurs formules et leurs applications. C'est l'outil fondamental pour modéliser des évolutions discrètes (mensualités, populations, intérêts).
Définition d'une suite
Notation
Une suite (un)(uₙ) associe à chaque entier n≥n0n ≥ n₀ un nombre unuₙ.
- nn est l'indice (ou rang).
- unuₙ est le terme d'indice nn.
Premiers termes
u0,u1,u2,…u₀, u₁, u₂, … ou u1,u2,u3,…u₁, u₂, u₃, … selon le choix de départ.
Modes de définition
Définition explicite
un=f(n)uₙ = f(n)
Chaque terme s'exprime directement en fonction de nn.
Définition par récurrence
u0=aetun+1=g(un)u₀ = a et uₙ₊₁ = g(uₙ)
On définit le premier terme et la relation entre deux termes consécutifs.
Suites arithmétiques
Définition
Une suite (un)(uₙ) est arithmétique de raison rr si :
un+1=un+r∀nuₙ₊₁ = uₙ + r ∀ n
On passe d'un terme au suivant en ajoutant toujours rr.
Formule explicite
un=u0+n×ruₙ = u₀ + n × r
(Ou un=u1+(n−1)ruₙ = u₁ + (n - 1) r si on commence à u1u₁.)
Somme des termes consécutifs
S=u0+u1+⋯+un=(n+1)×2u0+unS = u₀ + u₁ + … + uₙ = (n+1) × (u₀ + uₙ)/2
Exemple
u0=5u₀ = 5, r=3r = 3 : un=5+3nuₙ = 5 + 3n, donc u5=20u₅ = 20, u10=35u₁₀ = 35.
Somme des 1111 premiers termes : S=11×25+35=220S = 11 × (5 + 35)/2 = 220.
Suites géométriques
Définition
Une suite (un)(uₙ) est géométrique de raison qq si :
un+1=un×q∀nuₙ₊₁ = uₙ × q ∀ n
On passe d'un terme au suivant en multipliant toujours par qq.
Formule explicite
un=u0×qnuₙ = u₀ × qⁿ
Somme des termes consécutifs (si q=1q ≠ 1)
S=u0+u1+⋯+un=u0×1−q1−qn+1S = u₀ + u₁ + … + uₙ = u₀ × (1 - qⁿ⁺¹)/(1 - q)
Exemple
u0=3u₀ = 3, q=2q = 2 : un=3×2nuₙ = 3 × 2ⁿ, donc u5=96u₅ = 96.
Somme des 66 premiers termes : S=3×1−21−26=3×63=189S = 3 × (1 - 2⁶)/(1 - 2) = 3 × 63 = 189.
Reconnaître la nature d'une suite
Méthode
- Calculer un+1−unuₙ₊₁ - uₙ : si constant, suite arithmétique (raison rr).
- Calculer unun+1uₙ₊₁/uₙ : si constant, suite géométrique (raison qq).
Exemple
un=5+2nuₙ = 5 + 2n : un+1−un=2uₙ₊₁ - uₙ = 2 constant → arithmétique.
un=3×4nuₙ = 3 × 4ⁿ : unun+1=4uₙ₊₁/uₙ = 4 constant → géométrique.
Variations
Suite arithmétique
- r>0r > 0 : croissante.
- r<0r < 0 : décroissante.
- r=0r = 0 : constante.
Suite géométrique (avec u0>0u₀ > 0)
- q>1q > 1 : croissante.
- 0<q<10 < q < 1 : décroissante.
- q=1q = 1 : constante.
- q<0q < 0 : alternée (signe change à chaque rang).
Applications
Économie
- Salaire augmenté de 200200 € chaque année : arithmétique de raison 200200.
- Salaire augmenté de 3%3% chaque année : géométrique de raison 1,031,03.
Capital placé
- À intérêts simples : arithmétique.
- À intérêts composés : géométrique.
Démographie
Population qui augmente de 5%5% par an : géométrique de raison 1,051,05.
Erreurs fréquentes à éviter
- Confondre arithmétique et géométrique : addition vs multiplication.
- Mauvais index : si la suite démarre à u1u₁, alors un=u1+(n−1)ruₙ = u₁ + (n-1) r, pas u1+nru₁ + nr.
- Oublier la formule de somme : pas de raison 2u0+un(u₀ + uₙ)/2 pour les géométriques.
- Mauvaise raison : la calculer rigoureusement par soustraction (arithm.) ou division (géom.).
FAQ — Les suites numériques en Première générale
Comment savoir si une situation est arithmétique ou géométrique ?
- Évolution par addition d'une même quantité : arithmétique.
- Évolution par multiplication d'un même facteur : géométrique.
À quoi servent les suites ?
À modéliser des évolutions discrètes (par étapes) : populations, capitaux, mensualités, séries de mesures…
Une suite peut-elle être ni arithmétique ni géométrique ?
Oui, beaucoup : par exemple un=n2uₙ = n², ou la suite de Fibonacci 1,1,2,3,5,8,…1, 1, 2, 3, 5, 8, …
Comment calculer un terme lointain rapidement ?
Avec la formule explicite : u100u₁₀₀ ne nécessite pas de calculer tous les termes précédents.