Les probabilités conditionnelles en seconde : cours complet
Une probabilité conditionnelle mesure la probabilité d'un événement quand on dispose d'une information : sachant que le résultat d'un dé est pair, sachant qu'un test est positif, sachant qu'un élève est en seconde… On la calcule en comptant, dans un tableau croisé ou sur un arbre pondéré.
Modèle et loi des grands nombres
Une loi de probabilité associe à chaque issue un nombre positif, la somme valant 11. L'équiprobabilité (dé « équilibré », tirage « au hasard ») est une hypothèse du modèle : elle ne se démontre pas. Dans ce cas,
P(A)=Card(Ω)Card(A)P(A) = (Card (A))/(Card (Ω))
Loi des grands nombres (version vulgarisée). Quand on répète un grand nombre nn de fois une expérience, la fréquence observée d'un événement est, sauf exception, proche de sa probabilité. Pour une punaise qui retombe 620620 fois sur 10001 000 pointe en l'air, on choisit le modèle P=0,62P = 0,62.
Probabilité conditionnelle
Pour un événement AA de probabilité non nulle :
PA(B)=P(A)P(A∩B)P_A(B) = (P(A ∩ B))/P(A)
Dans un tirage équiprobable : PA(B)=Card(A)Card(A∩B)P_A(B) = (Card (A ∩ B))/(Card (A)).
Exemple. On lance un dé équilibré ; AA : « pair » ={2;4;6}= {2 ; 4 ; 6}, BB : « au moins 4 » ={4;5;6}= {4 ; 5 ; 6}. Alors PA(B)=32P_A(B) = 2/3, alors que P(B)=21P(B) = 1/2 : l'information « pair » rend BB plus probable.
Probabilité de l'intersection :
P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A ∩ B) = P(A) × P_A(B)
Avec un tableau croisé
Quand on choisit un individu au hasard dans une population, chaque probabilité est une fréquence du tableau : marge / total pour P(A)P(A), case / total pour P(A∩B)P(A ∩ B), case / marge de AA pour PA(B)P_A(B). Avec 500500 élèves dont 180180 en seconde, 220220 usagers du bus et 9090 à la fois : PS(B)=18090=0,5P_S(B) = 90/180 = 0,5 et PB(S)=22090≈0,41P_B(S) = 90/220 ≈ 0,41.
Arbres pondérés
- Les branches du premier niveau portent P(A)P(A) et P(A)P(A̅).
- Les branches du second niveau portent des probabilités conditionnelles : PA(B)P_A(B), PA(B)P_A(B̅), PA(B)P_A̅(B)…
- Les branches issues d'un même nœud totalisent 11.
- Un chemin est une intersection : on multiplie le long du chemin.
- Un événement réalisé par plusieurs chemins : on additionne leurs probabilités.
Exemple. 60%60 % des pièces viennent de la machine AA, 40%40 % de BB ; 3%3 % des pièces de AA et 5%5 % de BB sont défectueuses. P(A∩D)=0,6×0,03=0,018P(A ∩ D) = 0,6 × 0,03 = 0,018, P(B∩D)=0,4×0,05=0,02P(B ∩ D) = 0,4 × 0,05 = 0,02, donc P(D)=0,038P(D) = 0,038 et PD(A)=0,0380,018≈0,47P_D(A) = 0,018/0,038 ≈ 0,47.
Faux positifs : ne pas inverser le conditionnement
Pour un test de dépistage d'une maladie MM : sensibilité PM(T)P_M(T), spécificité PM(T)P_M̅(T̅). La personne testée positive veut connaître PT(M)P_T(M), qui peut être très différente.
Exemple. Maladie touchant 2%2 % de la population, sensibilité 95%95 %, spécificité 90%90 %. Sur 1000010 000 personnes : 200200 malades dont 190190 positifs ; 98009 800 sains dont 980980 positifs à tort. Ainsi
PT(M)=1170190≈0,16P_T(M) = 190/(1 170) ≈ 0,16
Un positif sur six seulement est malade : la maladie est rare, les faux positifs sont nombreux.
Erreurs fréquentes à éviter
- Confondre PA(B)P_A(B) et PB(A)P_B(A) (sophisme du procureur).
- Confondre P(A∩B)P(A ∩ B) et PA(B)P_A(B) : la première se rapporte à tous les individus, la seconde aux individus de AA.
- Mettre une probabilité non conditionnelle sur une branche du second niveau.
- Additionner le long d'un chemin au lieu de multiplier.
FAQ — Les probabilités conditionnelles en seconde
Que veut dire « sachant que » ?
On sait que l'événement est réalisé : on ne regarde plus que les issues de cet événement, qui devient le nouvel univers.
Pourquoi multiplie-t-on le long d'un chemin ?
Parce que P(A∩B)=P(A)×PA(B)P(A ∩ B) = P(A) × P_A(B) : c'est un pourcentage de pourcentage. 60%60 % des pièces viennent de AA, et 3%3 % d'entre elles sont défectueuses : 3%3 % de 60%60 %.
Un test fiable à 95 % se trompe-t-il 5 fois sur 100 ?
Pas forcément pour la personne testée : si la maladie est rare, la probabilité d'être malade quand le test est positif peut être bien inférieure à 95%95 %.
Faut-il connaître la formule des probabilités totales ?
Non en seconde : on lit la probabilité d'un événement sur l'arbre en additionnant les chemins qui y mènent. La formule sera énoncée en première.